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Chronique : Les Journaux au Mali : un produit pas comme les autres

Ce produit que vous tenez, ce papier qui sent encore l’encre fraîche et la promesse de la vérité, n’est pas qu’un simple objet de consommation. C’est le fruit d’un labeur titanesque, une symphonie de volontés qui refuse de s’éteindre malgré les tempêtes numériques. Pourtant, au Mali, lire son journal devient un acte de résistance qu’il nous faut, ensemble, transformer en une habitude citoyenne et passionnée. Parce que Le Monde appartient à ceux qui s’informent dès l’Aube, il est temps de redonner ses lettres de noblesse à l’écrit face au tumulte de l’instantanéité.

Derrière chaque ligne, chaque virgule et chaque révélation, se cache une fourmilière d’acteurs dont le dévouement frise le sacerdoce. Il y a le «pisse-copie» infatigable, le plumitif qui use ses doigts sur un clavier récalcitrant pour analyser les soubresauts de notre nation. Il y a le pigiste, ce franc-tireur de l’info, et l’expert dont l’analyse nous aide à déchiffrer les enjeux géopolitiques complexes. N’oublions jamais le stagiaire, ce reporter de terrain qui brave la chaleur et l’incertitude pour ramener le fait brut dès l’Aube des événements, ni le lanceur d’alerte qui risque tout pour la transparence. Ce «bataclan» de l’intelligence est orchestré par des secrétaires de rédaction méticuleux, des rédacteurs en chef visionnaires et des chefs de rubriques qui donnent vie aux pages que vous parcourez.

Mais le journalisme moderne, c’est aussi une architecture technique invisible. Sans l’opérateur de saisie, l’infographe qui sculpte la mise en page, ou le webmaster qui propulse nos contenus sur l’interface numérique pour la diaspora, la voix du Mali resterait muette au-delà de nos frontières. Cette chaîne de production est une œuvre sociale totale. Elle mérite que chaque cadre, chaque diplômé, chaque lettré de notre pays s’arrête un instant devant le kiosque. Il est paradoxal de voir nos élites, pourtant premières consommatrices de l’information, feindre l’ignorance alors que le savoir est à portée de main pour la modique somme de 300 FCFA. Certes, chez nos voisins sénégalais, le prix est plus bas, mais le combat pour une presse malienne indépendante et de qualité, capable de dénoncer les accords de dupes imposés par l’extérieur, impose ce sacrifice symbolique. C’est le prix de notre souveraineté intellectuelle, une clarté nécessaire qui se lève sur nos consciences comme l’Aube sur le fleuve Niger.

Malgré les tentatives des autorités judiciaires pour endiguer certains dérapages à travers le Pôle de lutte contre la cybercriminalité, les réseaux sociaux sont devenus un vrai problème au Mali. Dépravation de mœurs, attentat à la pudeur, règlements de comptes personnels… tout y passe. À côté de ce chaos virtuel, il y a les journaux, un produit noble en vente libre dans les kiosques, dont tous se basent pourtant pour extraire les informations sérieuses ensuite mises en scène via des vidéos web.

Aujourd’hui, une nouvelle faune de «vidéomen» et de web-activistes s’est emparée de la parole publique, transformant l’espace numérique en un tribunal de l’injure et du buzz facile. Sans aucune éthique ni carte de presse, ces influenceurs d’un genre nouveau s’adonnent à la diffamation en direct, propageant des fake news pour quelques vues et des «j’aime» monétisés. Leurs dérapages ne se comptent plus : étalage de vies privées, discours de haine et manipulations orchestrées. Face à cette jungle où le mensonge voyage plus vite que la lumière, le journal papier reste le dernier rempart de la crédibilité. Alors que la toile s’enflamme souvent pour des futilités dévastatrices, la presse écrite demeure ce socle de sérénité et de vérification indispensable à la nation.

Nos jeunes doivent comprendre que si les réseaux sociaux informent dans l’instant, seul le journal papier, relayé par nos dynamiques stations de radio FM et leurs revues de presse en langues nationales, offre la profondeur nécessaire à la réflexion. Ces radios, qui relisent à haute voix des passages sélectionnés, sont le pont entre l’élite lettrée et le citoyen soucieux de comprendre les enjeux réels. Ces stations radios FM effectuent un travail remarquable de traduction et de vulgarisation, permettant à la presse écrite de toucher le Mali profond, là où le papier ne parvient pas toujours physiquement mais où l’onde radio porte le message de L’Aube.

Nous devons aussi saluer l’effort des revendeurs, regroupés au sein d’une association. Ils sont les veines de ce système, les vrais distributeurs qui, avec les compagnies de transport, acheminent l’information jusque dans les coins les plus reculés du territoire, ramenant les invendus avec une régularité de métronome. Même l’invendu raconte une histoire de solidarité nationale : il protège les vitres chez le tôlier ou devient l’écrin protecteur des cacahuètes grillées de nos vendeuses de rue. C’est un cycle de vie unique, rappelant que chaque exemplaire imprimé est une ressource précieuse pour la société.

MKL

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