Présent dans plus de cent pays, le CICR adapte en permanence ses interventions à l’évolution des contextes sécuritaires et humanitaires.
Au Mali, son engagement s’inscrit dans la durée. Actif depuis 1965 et installé de façon permanente depuis 1991 à la faveur d’un accord de siège, le CICR intervient aujourd’hui dans un contexte marqué par la persistance du conflit armé, notamment dans le Centre et le Nord, et par une forte pression sur les services publics essentiels. Depuis sa délégation de Bamako, ses sous-délégations de Mopti, Tombouctou et Gao, ses bureaux de Kidal et Ménaka et son antenne de Niafounké, l’institution humanitaire agit au plus près des populations affectées. En 2026, le dispositif comptera près de 458 collaborateurs, dont 58 internationaux.
Soigner, protéger, accompagner
L’accès aux soins de santé demeure l’un des piliers de l’action du CICR. En partenariat avec le ministère de la Santé et du Développement social, l’organisation soutient durablement les hôpitaux régionaux de Gao et Mopti ainsi que les centres de santé de référence de Kidal et Ménaka. Appui médical et chirurgical permanent, fourniture de médicaments et d’équipements, primes au personnel et réhabilitation d’infrastructures ont permis, en 2025, la prise en charge de 24 161 patients, dont près de 14 000 blessés et cas urgents entièrement couverts par le CICR.
Dans les zones les plus affectées par les violences, une trentaine de centres de santé communautaires bénéficient également d’un soutien logistique et financier, au profit de plus de 220 000 personnes. À cela s’ajoute un appui psychosocial : 45 assistants accompagnent les victimes de traumatismes, y compris ceux liés aux violences basées sur le genre. Le CICR renforce par ailleurs les capacités des agents de santé et dispense des formations en premiers secours aux forces de défense, aux porteurs d’armes et à la société civile, afin d’améliorer la stabilisation des blessés avant leur évacuation.
Réadaptation, dignité et réinsertion
Au-delà de l’urgence, le CICR investit dans la réadaptation physique et la réintégration sociale. Il appuie le Centre national d’appareillage orthopédique du Mali et ses antennes régionales, ainsi que le Centre Père Bernard Verspieren à Bamako. En 2025, plus de 4 500 patients ont bénéficié de services de réadaptation, avec la production de plus de 1 100 appareils orthopédiques. L’inauguration du Centre d’Excellence en Sciences des Orthèses et Prothèses marque une étape majeure vers l’autonomisation nationale dans ce domaine stratégique.
Assistance d’urgence et résilience
Face aux déplacements de populations et à l’insécurité alimentaire, le CICR déploie une assistance d’urgence en vivres et biens ménagers essentiels, souvent en collaboration avec la Croix-Rouge Malienne. En 2025, près de 138 000 personnes ont reçu une aide alimentaire, tandis que plus de 60 000 ont bénéficié d’articles ménagers essentiels.
Parallèlement, l’organisation renforce la résilience des ménages vulnérables à travers l’appui à l’agriculture et à l’élevage : vaccination de plus de 1,8 million d’animaux, distribution de semences et d’intrants, projets maraîchers, initiatives microéconomiques et travaux communautaires rémunérés. Au total, plus de 455 000 personnes ont été touchées par ces programmes de résilience en 2025.
Eau, énergie et protection
L’accès à l’eau potable constitue un autre axe structurant. En partenariat avec les services hydrauliques et la Somagep, le CICR a réalisé ou réhabilité 44 ouvrages hydrauliques en 2025, bénéficiant à plus de 160 000 personnes. La solarisation d’infrastructures de santé et d’eau contribue à sécuriser la continuité des services essentiels dans un contexte énergétique fragile.
Enfin, fidèle à son mandat, le CICR visite les lieux de détention, facilite le rétablissement des liens familiaux, promeut le droit international humanitaire auprès des forces armées et œuvre à la protection des civils. Dans un environnement humanitaire de plus en plus contraint, son action au Mali demeure guidée par un impératif : rester proche des populations, préserver leur dignité et répondre, avec neutralité et indépendance, aux urgences comme aux défis de long terme.
Alexis Kalambry
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