Un marché public de 23 milliards de FCFA attribué sans appel d’offres : c’est la révélation qui secoue Yaoundé depuis hier. Le futur siège de la Direction générale des Douanes, projet structurant pour l’État, sera finalement construit par la société chinoise CMEC, dans le cadre d’une procédure de gré à gré. Selon les autorités, ce choix se justifie par « l’importance stratégique » de l’institution, pilier majeur des recettes non pétrolières. Pourtant, plusieurs experts interrogés parlent d’un « risque réel de dérapage financier ».
La question dérange : le Cameroun réussira-t-il à concilier modernisation et transparence dans un contexte budgétaire déjà serré ?
Un contrat de 23 milliards qui relance le débat sur la transparence
Le chantier du nouveau siège des Douanes, prévu pour 42 mois, s’inscrit dans une vaste dynamique de modernisation des services publics.
D’après les documents consultés, CMEC a été retenue sans mise en concurrence, une procédure exceptionnelle mais légale dans certains cas précis.
Les autorités défendent une décision « indispensable pour accélérer un projet vital ». Selon une source interne, « les douanes rapportent chaque année des centaines de milliards : moderniser leurs infrastructures n’est pas un luxe ».
Mais sur les réseaux sociaux, la controverse enfle : « Ce n’est pas du jeu ! », lance un économiste basé à Douala.
Pression croissante autour du gré à gré au Cameroun
Contrat de gré à gré Cameroun : une pratique encore trop fréquente ?
Depuis plusieurs années, le gré à gré reste un sujet sensible.
Le FMI et plusieurs organismes locaux ont appelé à réduire drastiquement son usage, dénonçant des coûts souvent supérieurs à la moyenne et un manque de contrôle citoyen.
Dans ce cas précis, certains craignent une dépendance croissante envers les entreprises chinoises, déjà très présentes dans les projets structurants : barrages, routes, bâtiments administratifs…
Un spécialiste de la commande publique avertit :
« Quand il n’y a pas de concurrence, le prix peut grimper plus facilement. Les 23 milliards devront être surveillés de près. »
CMEC promet un chantier conforme : les attentes restent fortes
La société CMEC a assuré livrer un bâtiment moderne, respectant les normes internationales et les contraintes techniques du site.
Cependant, les analystes insistent : la réussite du projet dépendra surtout du suivi strict du ministère des Finances et de la plateforme du marché public.
Pour plusieurs observateurs, ce futur siège symbolise un enjeu national : prouver que le Cameroun peut moderniser son administration sans alimenter la suspicion.
La vraie question reste donc posée : ce chantier deviendra-t-il un modèle de bonne gouvernance ou un nouveau motif de polémique ?
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