À seulement 48 heures de l’événement, la convention MRC interdite crée un véritable séisme politique dans la capitale. Le 27 novembre 2025, le sous-préfet de Yaoundé IV, Akondi Elvis Mbahangwen, a ordonné l’annulation de la grande réunion prévue à Odza, invoquant un « risque grave de troubles à l’ordre public » signalé par un ancien cadre du parti. La décision a aussitôt enflammé les débats, tant chez les militants que chez les observateurs. « On dirait que dès que le MRC tente de se réorganiser, quelque chose vient bloquer, vraiment ce n’est pas du jeu… », confie un sympathisant de Nkolbisson. S’agit-il d’une mesure sécuritaire légitime ou d’un coup politique calculé ?
Voici les raisons officielles du blocage
L’arrêté signé par le sous-préfet de Yaoundé IV le 27 novembre met en lumière les éléments avancés pour justifier la convention MRC interdite. Le document mentionne un risque sérieux de trouble à l’ordre public, appuyé par un courrier envoyé par Joseph Thierry Okala Ebodé, présenté comme cofondateur historique du MRC.
Selon cette correspondance, des tensions internes auraient pu dégénérer si la convention se tenait.
La réunion, prévue le 29 novembre à Odza, devait permettre au parti de discuter de la situation nationale, mais surtout d’aborder un sujet sensible : le retour de Maurice Kamto à la tête de la formation politique après une période d’éloignement stratégique.
Face à l’interdiction, Mamadou Mota, président par intérim, a annoncé le report de la convention, promettant une reprogrammation dès que possible.
Cette décision administrative relance la question de la régularité des blocages dont sont souvent victimes les partis d’opposition, notamment dans certaines communes de Yaoundé.
Les tensions autour du retour de Kamto
Cette convention MRC interdite arrive à un moment explosif pour le parti. Le retour annoncé de Maurice Kamto divise profondément les militants.
D’après les statuts, il ne pourrait reprendre la présidence qu’en 2028, après trois années de réengagement actif. Une partie du parti exige le strict respect des textes, tandis qu’une autre pressionne pour un retour immédiat afin de stabiliser la dynamique politique.
Un cadre rencontré à Bonabéri résume ainsi la situation :
« On veut avancer, mais chacun tire dans son sens. C’est ça qui fatigue les militants. »
L’éviction récente d’Okala Ebodé, désormais à l’origine du signalement ayant motivé l’interdiction, passe aussi pour une erreur stratégique selon certains analystes, renforçant les divisions internes et fragilisant l’organisation.
RÉACTIONS : ENTRE FRUSTRATIONS, DOUTES ET STRATÉGIES
À Yaoundé et dans plusieurs villes, l’interdiction suscite des réactions contrastées.
Les uns y voient une simple mesure de prévention — surtout à l’approche d’une année électorale sensible — tandis que d’autres dénoncent une restriction grave de la liberté d’association.
« On veut juste se réunir pour décider de notre avenir, pourquoi toujours nous bloquer ? », s’interroge une militante d’Odza, visiblement agacée.
Pour plusieurs politologues, ces annulations répétées risquent d’affaiblir durablement la capacité organisationnelle du MRC, déjà confronté à des pressions internes et externes.
Avec cette convention MRC interdite, l’opposition camerounaise se retrouve une fois de plus face à une administration qui contrôle strictement l’espace politique. Le MRC, lui, doit désormais composer avec des tensions internes et des obstacles institutionnels, tout en cherchant à se repositionner avant les grandes échéances.
La question qui brûle les lèvres est simple : le parti parviendra-t-il à réunir ses militants dans un contexte si électrique ?
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