Les autorités américaines ont, de sources concordantes, procédé à une mise à jour de la liste des personnes sanctionnées par l’Office of Foreign Assets Control(OFAC), relevant du Département d’Etat.
Parmi les noms retirés de cette liste de personnalités incriminées ou fichées,, figurent trois hauts responsables militaires maliens. Il s’agit du Général Sadio Camara, l’actuel ministre de la Défense et des anciens combattants, du Général Alou Boye Diarra et du Général Adama Bagayoko, qui était lieutenant-colonel au moment de la publication du Rapport concerné).
Ces mesures traduisent la volonté des USA d’apporter un vent de renouveau à la coopération entre Washington et Bamako. Car, les autorités américaines mesurent encore les éventuelles incidences négatives que peut avoir un climat de froid entre les deux pays. Surtout eu égard aux réformes profondes opérées par les dirigeants maliens en matière d’exploitations minières…
Il faut souligner que le 13 novembre 2025, l’Ambassade des États-Unis au Mali a annoncé, sur sa page officielle Facebook, « la reprise complète des activités du Département d’État américain », après une période de fermeture décrétée par le gouvernement fédéral. Cette communication intervient dans un contexte diplomatique marqué par des prises de position parfois contrastées de Washington vis-à-vis de la situation sécuritaire malienne. Elle arrive surtout quelques jours après que les États-Unis ont officiellement salué, le 5 novembre 2025, « l’engagement des Forces Armées Maliennes (FAMa) contre les groupes extrémistes opérant dans la sous-région ».
Par ailleurs, si l’alerte de sécurité américaine du 28 octobre 2025 avait suscité interrogations et débats, notamment par la description d’une situation « imprévisible », les félicitations adressées ensuite aux autorités maliennes témoignent d’une reconnaissance internationale croissante des efforts fournis par le Mali pour restaurer « l’ordre, la paix et la souveraineté nationale. »
Ainsi, l’Ambassade des États-Unis à Bamako avait diffusé une alerte de sécurité destinée à ses ressortissants. Elle évoquait des défis liés aux infrastructures nationales, notamment des perturbations temporaires dans l’approvisionnement en carburant et la fermeture de certains établissements publics. L’alerte mentionnait également la présence d’éléments terroristes dans des zones situées autour de la capitale.
Cette communication, adressée exclusivement aux citoyens américains, s’inscrivait dans les règles habituelles de prudence suivies par les chancelleries étrangères partout dans le monde. Toutefois, certains lecteurs maliens avaient perçu ce message comme un tableau alarmiste, loin des réalités du terrain observées par la majorité de la population et des institutions nationales.
Malgré cette alerte, Washington a tenu à souligner moins d’une semaine plus tard que ses relations sécuritaires avec le Mali se renforçaient. Le 5 novembre 2025, les États-Unis publiaient un message clair de félicitations aux Forces Armées Maliennes pour leur lutte efficace contre les militants extrémistes du JNIM. Une communication suivie d’un échange entre le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, et un haut responsable américain, attestant d’une volonté mutuelle d’avancer vers davantage de coopération.
Ces prises de positions illustraient une diplomatie de prudence extrême de Washington, qui voit d’un mauvais œil le pacte d’amitié entre le Mali et la Russie.
Sans compter que la construction de la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel ne protège point les intérêts américains dans le Sahel. Ceci, dans la mesure où le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont décidé de parler d’une seule voix, de compter sur leur Force Unique conjointe, pour faire face au péril terroriste, en boutant dehors la force onusienne, conduite par Washington
Donc, c’est pour préserver ses chances de garder pied (stratégique) dans la région sahélienne que les USA adoptent la pédale douce dans ses interactions avec Bamako, qui est déjà en délicatesse avec l’allié français. Et, étant donné que le Mali a le vent en poupe pour ses exploitations minières d’or, de lithium, le Niger disposant de réserves d’Uranium et de pétrole, de même pour le Burkina, Washington devient un potentiel allié intéressé. Comme pour dire que les préoccupations sécuritaires ne plombent pas les intérêts économiquement stratégiques.
Boubou SIDIBE/maliweb.net
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