Plus de 100 ans après son vol colonial, la restitution du tambour sacré Djidji Ayôkwé à la Côte d’Ivoire soulève une vive controverse. Officiellement remis le 20 février 2026 à Paris, cet objet emblématique saisi en 1916 pourrait ne pas être l’original, selon plusieurs observateurs africains. Ce doute provoque colère et indignation. « On ne rend pas un symbole sacré sous forme de copie », dénonce un spécialiste du patrimoine à Abidjan. La France a-t-elle réellement restitué le vrai tambour ou une simple imitation ?
Le tambour Djidji Ayôkwé, long de 3 mètres et pesant 430 kg, occupait une place centrale dans la culture du peuple Ébrié. Utilisé pour transmettre des messages et accompagner des rituels sacrés, il représentait bien plus qu’un objet : c’était un instrument d’identité et de souveraineté. Pourtant, en 1916, les autorités coloniales françaises l’ont saisi avant de l’envoyer en France en 1929, où il a été conservé pendant près d’un siècle.
La restitution officielle, signée par la ministre française de la Culture Rachida Dati et la ministre ivoirienne Françoise Remarck, a été présentée comme un geste historique. Mais très vite, des voix critiques se sont élevées. Plusieurs experts et observateurs remettent en question l’authenticité de l’objet restitué. Pour eux, la France a eu largement le temps de modifier, remplacer ou altérer ce tambour au fil des décennies.
Une restitution controversée qui alimente les soupçons
Le principal problème reste le manque de transparence autour de l’authenticité du tambour restitué. Aucun rapport scientifique public n’a été présenté pour confirmer qu’il s’agit bien de l’objet original saisi en 1916. Cette absence de preuves alimente le doute et renforce le sentiment d’injustice.
À Abidjan, plusieurs spécialistes du patrimoine dénoncent un geste insuffisant après plus de 100 ans de confiscation. « Ce tambour a été arraché à notre histoire. Aujourd’hui, nous devons être sûrs qu’il s’agit bien du nôtre », affirme un acteur culturel ivoirien.
Cette affaire dépasse la Côte d’Ivoire. Elle relance le débat sur les milliers d’objets africains encore détenus dans des musées européens. La restitution du tambour Djidji Ayôkwé est la première d’une liste de 148 œuvres réclamées par Abidjan.
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