Tout avait commencé par quelques messages bancals sur les réseaux sociaux, avant de prendre une tournure incontrôlable, sous forme de vidéos virales et d’avalanches de tweet dégradants et transphobes. Dix personnes accusées d’avoir cyberharcelé Brigitte Macron, ont été condamnés à des peines allant jusqu’à six mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Paris, ce lundi 5 janvier.
Huit prévenus ont été condamnés à des peines de 4 à 8 mois de prison avec sursis en raison d’une « volonté de nuire à la plaignante », dans des « termes malveillants, dégradants et insultants » sur sa « prétendue pedocriminalité », a détaillé le président du tribunal, Thierry Donnard. La peine de 6 mois de prison ferme a été prononcée contre un des prévenus en raison de son absence à l’audience.
Dans cette affaire, dix personnes originaires de toute la France, âgées de 41 à 65 ans, étaient accusées d’avoir diffusé ou relayé des insultes et de fausses informations sur l’épouse du président de la République. Certaines affirmations étaient liées à son genre, d’autres à son écart de 24 ans avec son époux.
Le couple présidentiel avait décidé de combattre la diffusion massive de ces fausses informations sur le plan judiciaire, en France et aux États-Unis. À la veille du délibéré, ce dimanche lors du journal télévisé de TF1, Brigitte Macron avait déclaré : « Moi, je me bats, à longueur de temps. Je veux aider les adolescents à se battre contre le harcèlement. Mais si je ne (…) montre pas l’exemple, ça va être difficile ». Elle avait ensuite asséné : « On ne touchera pas à ma généalogie », « on ne joue pas avec ça ».
Absente de ce procès, l’épouse de son président avait expliqué aux enquêteurs lors de dépôt de plainte fin août 2024 que la rumeur la présentant comme une femme transgenre avait eu « un très fort retentissement » sur son entourage et sur elle-même, rapportant que ses petits-enfants entendaient dire que « leur grand-mère est un homme ».
Trois « instigateurs », et sept « suiveurs »
Des peines de trois à douze mois de prison avec sursis et des amendes pouvant atteindre 8 000 euros avaient été requises contre ces dix harceleurs. Les réquisitions les plus lourdes visaient trois des prévenus, qualifiés d’« instigateurs » par le procureur Hervé Tétier.
Les sept autres ont été présentés comme des « suiveurs », certains s’étant simplement contentés de relayer ou de « liker » quelques publications. Parmi eux, Jean-Christophe D., qui avait présenté ses excuses lors du procès a simplement écopé d’un stage de sensibilisation pour les infractions commises en ligne, précise sur X la journaliste Violaine Jaussent pour France Info.
L’écrivain Aurélien Poirson-Atlan, alias Zoé Sagan sur les réseaux a au contraire écopé de la plus lourde peine de ce procès : six mois d’emprisonnement ferme. Ce dernier compte parmi les « instigateurs » dans cette affaire. Sur son compte X, suspendu depuis, il avait par exemple qualifié les 24 ans qui séparent les époux Macron de « crime sexuel » et de « pédophilie cautionnée par l’État ». Le publicitaire est également connu pour avoir diffusé en 2020 des vidéos à caractère sexuel de Benjamin Griveaux, ancien ministre macroniste contraint de renoncer à se présenter à la mairie de Paris.
La médium Amandine Roy a également été identifiée comme très influente dans cette affaire. Âgée de 51 ans, elle est à l’origine d’une vidéo virale de quatre heures publiée en 2021, depuis retirée, affirmant que Brigitte Macron n’aurait jamais existé et que son frère Jean-Michel aurait pris son identité après avoir changé de sexe.
Condamnée en première instance pour diffamation en septembre 2024 dans un autre procès, elle a été relaxée en appel le 10 juillet. Cette fois-ci, elle a écopé de six mois de prison avec sursis. Ses comptes sur les réseaux sociaux vont par ailleurs être suspendus pendant six mois.
Enfin, le galeriste Bertrand Scholler avait été présenté comme l’un trois instigateurs de cette affaire par Hervé Tétier. Le procureur avait ainsi expliqué qu’avec son compte très actif sur X, cet entrepreneur avait participé à « répandre » les fausses informations visant Brigitte Macron. Il a été condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis.
Source: https://www.huffingtonpost.fr/
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