Désinformation, propagande, manipulation et sarcasmes : Un défi pour les services publics et la protection des droits humains au Mali
Ces pratiques, facilitées par les réseaux sociaux et les technologies numériques, créent un risque réel pour la cohésion nationale, la confiance publique et la stabilité sociale.
Au-delà des services publics, ce sont les droits humains, notamment le droit à une information fiable et le droit à la dignité, qui se trouvent menacés.
La désinformation peut être assimilée à une atteinte directe aux droits fondamentaux. La diffusion volontaire d’informations fausses, biaisées ou manipulées n’est pas un simple débat d’opinion.
Elle touche à plusieurs droits fondamentaux :
le droit à l’information juste et fiable, consacré par les normes internationales ; le droit à la sécurité, lorsque des agents de l’État ou des citoyens sont exposés à des violences suite à des rumeurs ;
le droit à la dignité et à la réputation, bafoué par la diffamation, les accusations sans preuve et les propos humiliants.
La Déclaration universelle des droits de l’homme (article 12 et 19) oblige à protéger les personnes contre les attaques injustifiées à leur honneur, tout en garantissant la liberté d’expression.
Il est donc essentiel de trouver un équilibre entre critique légitime et dérive dangereuse.
Quand les fausses informations mettent des vies en danger
L’histoire récente du Mali offre des exemples tragiques : des agents de l’État lynchés ou menacés sur la base de rumeurs inventées, des cadres administratifs accusés à tort, des documents falsifiés circulant en ligne, des manipulations destinées à semer le doute et fragiliser des institutions. Ces violences, souvent précédées de campagnes virales, montrent que la désinformation n’est pas un banal débat d’opinion. Elle peut tuer.
Les agents publics : une protection nécessaire
Les représentants de l’État fonctionnaires, services déconcentrés, services rattachés jouent un rôle essentiel dans la gouvernance d’un pays.
Lorsqu’ils sont ciblés injustement, cela affaiblit le fonctionnement de l’administration, crée un climat de peur, décourage l’engagement de nouveaux cadres qualifiés, et nuit à l’intérêt général.
La protection de ces agents est donc une question de droit humain, car elle garantit le fonctionnement normal de l’État et la continuité des services essentiels pour les citoyens.
La responsabilité collective face à la manipulation
La lutte contre la désinformation ne dépend pas uniquement des autorités.
Elle est une responsabilité citoyenne. Pour rappel, il ne faut pas partager des contenus non vérifiés. Il faut au contraire dénoncer les rumeurs. Mais aussi soutenir les institutions de régulation comme la HAC, encourager le journalisme professionnel et éthique, promouvoir un usage responsable des réseaux sociaux.
Il ne s’agit pas de réduire la liberté d’expression, mais de la renforcer en garantissant un espace public basé sur les faits, la vérité et le respect mutuel.
Le rôle des institutions spécialisées
Les services chargés de la sécurité, de la communication publique et de la régulation jouent un rôle crucial. Il s’agit de suivre l’origine des fausses informations, protéger les citoyens et les agents ciblés, lutter contre les faux documents, renforcer la confiance entre l’État et la population.
Ces actions doivent cependant être menées dans le strict respect des droits humains, de la proportionnalité, de la transparence, et de la légalité.
Construire une culture de vérité et de paix
La lutte contre la désinformation n’est pas une bataille politique, c’est un enjeu de sécurité, de démocratie et de droits humains.
Protéger l’État ne doit jamais se faire au détriment des libertés fondamentales. Protéger les libertés ne doit jamais servir de prétexte à manipuler ou à détruire des réputations.
Le Mali a besoin d’une société informée, d’un État respecté, d’un débat public apaisé, et d’une population unie dans la quête de la vérité.
Issiaka SIDIBE
Crédito: Link de origem
