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Enfin la paix? Les scénarios possibles pour le conflit ukrainien en 2026

L’hypothèse la plus probable reste, selon le politologue belge, la poursuite des combats. “C’est Poutine qui décide, et son calcul pourrait être que, sur le champ de bataille, il a davantage à gagner que par la négociation”, affirme-t-il avant d’ajouter que le Kremlin pourrait aussi parier sur un essoufflement politique à Washington.

Selon son analyse, si la guerre continue, Trump pourrait perdre patience. “Il pourrait se dire qu’il en a assez de ce dossier et qu’il laisse tomber les Ukrainiens en inventant une raison comme quoi c’est la faute de Volodymyr Zelensky s’il n’y a pas de paix. D’autant plus qu’en s’attardant sur la stratégie de sécurité nationale américaine, on peut penser qu’il cherche à normaliser ses relations avec la Russie”, souligne le professeur.

Pour rappel, le président américain avait déjà mis ses menaces à exécution en mars dernier à l’encontre de son homologue ukrainien, en suspendant l’aide militaire américaine à Kiev, jugeant que Zelensky ne démontrait pas un engagement suffisant en faveur de la paix.

Selon Sven Biscop, c’est également en s’appuyant sur ses liens avec Donald Trump, que Vladimir Poutine pourrait orienter le conflit vers un autre scénario potentiel: la négociation, par la Maison-Blanche, d’un cessez-le-feu assorti de conditions favorables à Moscou.

“Une ligne de contrôle”
“Dans ce cas, il garderait sûrement les territoires conquis même si on ne les reconnaîtrait pas juridiquement et la ligne de front deviendrait une sorte de “ligne de contrôle”, un peu comme pour la Corée du Sud et du Nord. En acceptant ce cessez-le-feu, ça lui permettrait de normaliser les relations économiques avec les États-Unis et de se renforcer par rapport à la Chine, dont il est devenu très dépendant. En plus, Il pourrait aussi espérer que Trump réussisse à imposer à l’Ukraine davantage de concessions territoriales, peut-être même tout le Donbass.”

Le politologue rajoute qu’à ce stade, Donald Trump n’a exercé de pression que sur le président ukrainien, et non sur son équivalent russe. Or, souligne-t-il, “toute négociation suppose des concessions. Si Vladimir Poutine estime qu’il n’en a aucune à faire faute de pression exercée à son encontre, un accord devient très difficile, car les Ukrainiens n’accepteront pas de tout céder à la Russie. On peut imaginer que, dans un accord global, ils puissent laisser la Crimée, mais sûrement pas tous les autres territoires.”

Un traité de paix nécessaire
M. Biscop rappelle également qu’un cessez-le-feu peut s’appuyer sur une série d’accords spécifiques sans pour autant signifier la fin de la guerre. Pour marquer un point final à un conflit, un traité de paix est nécessaire et implique en principe un règlement clair et formel des frontières — une perspective qui, à ce stade, demeure peu probable, selon l’expert.

Il avance néanmoins qu’en cas de traité de paix, un dernier scénario pourrait émerger: celui d’une adhésion de l’Ukraine à l’UE, avec d’éventuelles limites. “Le fait que l’Ukraine rejoigne l’Union européenne est de plus en plus évoqué. Cela semble être une bonne idée car pour être viable, le pays doit être intégré dans des structures solides”, explique-t-il. “Une Ukraine indépendante et souveraine pourrait ainsi entamer sa reconstruction avec le soutien européen.”

Il affirme cependant que cette adhésion s’accompagnerait de certaines réserves, notamment le fait que l’Ukraine ne pourrait peut-être pas peser d’emblée sur tous les dossiers, comme celui sur la politique agricole commune par exemple. “Kiev a de grandes terres agricoles et par conséquent si elle prenait part aux débats sur la politique agricole commune, une grande partie du budget lui serait allouée au détriment des autres pays.”

Maintenir une capacité militaire solide
Enfin, même en cas de paix, il estime que le pays devra maintenir une capacité militaire solide. D’une part parce qu’il est impossible d’anticiper la réaction de la Russie, d’autre part parce que, bien que l’UE dispose d’une clause de défense mutuelle (article 42(7) du Traité sur l’Union européenne) prévoyant qu’en cas d’agression armée contre un État membre, les autres lui doivent “aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir”, sa mise en œuvre reste jugée délicate.

L’UE ne possède en effet pas de véritable structure de défense intégrée comparable à celle de l’Otan. “Personne n’a réellement confiance en la Russie. L’Ukraine devrait conserver une armée de grande ampleur. On ne parlerait peut-être plus d’un million de soldats sous les armes comme aujourd’hui, mais plutôt de 600.000 à 800.000, milices comprises, avec d’importantes réserves, ainsi qu’un soutien militaire européen qui devrait rester fort”, conclut-il.

Source: https://www.7sur7.be/

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