En effet si la quête de quelques litres de gasoil ou d’essence occupe largement le quotidien des usagers, les importateurs des produits pétroliers, quant à eux, paient un très lourd tribut à cette nouvelle forme d’insécurité détruisant leurs véhicules de transports de fret liquide, blessant ou faisant disparaître leurs conducteurs et apprentis, ou leur ôtant la vie. Sans autre forme de procès! Plusieurs de ces opérateurs économiques ont perdu dans ces corridors plus de 20 voire 30 camions-citernes. Les préjudices subis sont s’évaluent à des milliards de nos francs ! Ils sont certainement appelés en outre à faire face à leurs responsabilités d’employeurs vis-à-vis des familles des agents frappés de sinistres pendant le service.
Par ailleurs, cette situation inédite sera difficilement sans conséquence sur les recettes fiscales et douanières, fortement tributaires du dynamisme de nos opérateurs. On ne devrait donc pas être surpris que le Trésor public enregistre des manques à gagner voire des pertes sèches. Même les banques partenaires des entreprises évoluant dans le secteur des hydrocarbures pourraient avoir des soucis à se faire.
La question est de savoir ce que pourrait envisager l’Etat pour ces entreprises si durement éprouvées, qu’il a pourtant l’obligation d’aider au regard du contexte. Une doléance a été soumise, le 21 octobre 2025, au Premier ministre, Général Abdoulaye Maïga, par le Groupement malien des professionnels du Pétrole (GMPP).
Le gouvernement réagira-t-il par la création d’un fonds d’appui pour les victimes ? Une partie des recettes provenant des mines sera-t-elle consacrée aux victimes des vandales des corridors? L’Etat leur accordera-t-il un appui indirect en les dispensant du paiement, pendant une période donnée, des contributions fiscales et droits douanes ?
Des décisions fortes s’avèrent sans doute indispensables car il doit tendre la perche à ces entreprises et opérateurs économiques sevrés de leurs moyens de production. Vers la signature suivie de la mise en œuvre d’un pacte de solidarité ?
Par Chiaka Doumbia
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