Le chiffre donne le vertige : dans neuf départements, Paul Biya aurait obtenu entre 91 % et 99 % des voix, selon une enquête explosive du journal Le Jour. L’article, intitulé « Comment la victoire de Paul Biya a-t-elle été fabriquée ? », relance le débat sur la transparence électorale au Cameroun.
Dans les rues de Yaoundé, un jeune commerçant lâche, abasourdi : « Frère, même à 99 % ? Ça dépasse ! ».
Les écarts abyssaux avec le candidat Issa Tchiroma, notamment dans des zones anglophones pourtant en crise, posent des questions troublantes.
Alors, que révèlent réellement ces chiffres et que disent-ils de la présidentielle du 12 octobre 2025 ?
Fabrication victoire Paul Biya : des chiffres qui défient la logique électorale
L’enquête du journal Le Jour met en lumière des pourcentages exceptionnellement élevés en faveur de Paul Biya dans plusieurs départements :
- Ndian : 99 %,
- Dja-et-Lobo : 98 %,
- Nyong-et-Mfoumou : 97 %,
- Ngo-Ketunjia : 93 %,
- Manyu : 93 %,
- Mezam : 92 %,
- Mvila : 92 %,
- Lékié : 91 %.
Dans ces neuf départements, le taux de participation moyen atteint 83 %.
Sur 705 405 votants, Paul Biya recueillerait 655 647 voix (93 %) contre 25 500 voix (4 %) pour Issa Tchiroma.
Un statisticien rencontré à Bonamoussadi explique :
« Des scores proches de 100 % dans une démocratie sont statistiquement suspects. Aucun pluralisme réel ne produit ça naturellement. »
L’écart entre les deux candidats est tellement large qu’il interroge sur le processus de compilation, la nature des procès-verbaux et les conditions dans lesquelles le scrutin s’est déroulé dans certaines zones en crise.
Zones anglophones : des résultats “extrêmes” malgré la crise et les violences
L’élément le plus troublant de l’analyse concerne les régions anglophones, marquées depuis plusieurs années par :
- des affrontements,
- des villages désertés,
- des déplacements de populations,
- des appels au boycott,
- et un climat d’insécurité persistant.
Pourtant, selon le journal, Paul Biya y engrange 327 792 voix, contre seulement 19 400 pour Issa Tchiroma.
Des scores jugés “extrêmes” apparaissent notamment dans :
- Ndian (99 %),
- Mezam (91,7 %),
- Manyu (91,3 %),
- Ngo-Ketunjia (93,5 %).
Un habitant d’Ekona confie :
« Ici, même organiser une réunion est risqué… alors un vote avec participation à plus de 80 % ? Qui va croire ça ? »
L’écart entre l’insécurité réelle et les chiffres officiels alimente les soupçons de fabrication, gonflement ou distorsion des résultats.
Les révélations du journal Le Jour ravivent un malaise profond autour de la présidentielle 2025. Entre chiffres improbables, participation miraculeuse et domination écrasante du candidat sortant, la controverse ne fait que commencer.
Une question reste suspendue : le Cameroun pourra-t-il un jour connaître une élection dont les résultats ne seront contestés ni par les citoyens, ni par les chiffres eux-mêmes ?
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