Malgré les importants investissements consentis par l’État dans l’équipement et l’armement des forces de défense et de sécurité, les groupes armés terroristes parviennent encore à mener des actions audacieuses, parfois à proximité immédiate des centres urbains. Ce qui relance le débat sur la nécessité de renforcer davantage le renseignement et l’information dans la stratégie globale de lutte contre l’insécurité.
L’enlèvement, la semaine dernière, du préfet de Dioïla à Kalifabougou, localité située à sept kilomètres seulement de Fana, a profondément marqué l’opinion nationale. L’attaque, survenue dans ce village, a surpris de nombreux observateurs par son audace et son niveau de préparation, démontrant que les groupes terroristes disposent encore de relais d’information efficaces sur le terrain. Cet événement met en lumière une réalité souvent évoquée par certains. Aucune opération d’envergure ne peut être menée sans un minimum de renseignements préalables. Les autorités doivent miser sur des stratégies de communication et de sensibilisation pour rassurer le peuple. Les mouvements des autorités administratives, les habitudes des populations ou encore les failles sécuritaires locales constituent autant d’informations sensibles qui, lorsqu’elles tombent entre de mauvaises mains, facilitent la planification des attaques. Dans ce contexte, plusieurs observateurs estiment que la réponse sécuritaire ne peut se reposer uniquement sur la puissance de feu ou l’acquisition d’équipements militaires. Elle doit s’appuyer également sur un dispositif solide de renseignement, impliquant à la fois les services spécialisés et les populations locales même s’il s’agit de les utiliser dans la plus grande discrétion. La vigilance citoyenne, la collaboration communautaire et la protection des sources d’information deviennent ainsi des éléments essentiels pour anticiper les menaces et empêcher les infiltrations.
Par ailleurs, les autorités sont appelées à intensifier les campagnes de sensibilisation afin de décourager toute collaboration des populations locales avec les groupes armés, souvent motivée par l’appât de gain facile ou la contrainte. Car, au-delà des opérations militaires, la guerre contre le terrorisme se joue aussi sur le terrain de l’information. Celui qui maîtrise le renseignement prend souvent l’avantage stratégique. Face à une telle menace, la consolidation des réseaux d’information, la confiance entre les populations et les forces de sécurité, ainsi que la sécurisation des données sensibles apparaissent comme des priorités majeures pour contenir l’expansion des groupes djihadistes et protéger nos villes et villages.
Drissa Togola
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