C’est un tournant inattendu : à moins de dix jours des régionales, le FSNC de Issa Tchiroma Bakary annonce officiellement qu’il boycottera le scrutin du 30 novembre 2025. Un geste fort qui intervient alors que plus de dix partis sont déjà en lice. Selon un communiqué signé d’Alice Nkom, porte-parole du « président élu », aucune élection ne peut être légitime tant que « la vérité des urnes du 12 octobre » n’est pas reconnue. « On ne peut pas faire comme si de rien n’était », confie un cadre du parti, visiblement amer. Jusqu’où ira ce bras de fer politique qui secoue déjà Yaoundé ?
Le FSNC claque la porte des régionales
Le Front pour le Salut National du Cameroun estime que les régionales 2025 n’ont aucune valeur politique réelle.
Pour Issa Tchiroma, la priorité reste la reconnaissance de sa « victoire » revendiquée à la présidentielle du 12 octobre.
Dans son communiqué, Alice Nkom est catégorique :
« Aucun processus électoral ne saurait être légitime tant que le président élu n’a pas engagé la refonte du code électoral et la remise à plat des institutions. »
Pour le FSNC, participer au scrutin reviendrait à valider un système qu’il juge faussé et à cautionner la continuité institutionnelle du régime en place.
Une crise de légitimité qui s’installe
Cameroun boycott électoral
L’entourage d’Issa Tchiroma décrit un pays plongé dans une crise politique profonde où la confiance entre institutions et citoyens s’est effondrée.
Le parti estime notamment que :
- les conseillers régionaux actuels ne reflètent pas le désir d’autonomie exprimé par plusieurs communautés,
- la décentralisation demeure « vidée de sa substance »,
- l’architecture institutionnelle doit être repensée avant toute nouvelle élection.
Alice Nkom souligne :
« Les prochaines régionales ne sont qu’une démonstration de plus de l’urgence de défendre la souveraineté du peuple. »
Un discours qui trouve un écho dans une partie de l’opposition, même si aucune autre formation n’a pour l’instant annoncé de boycott.
Un premier parti à se retirer du scrutin
Le FSNC devient ainsi le premier parti politique à se retirer officiellement de ces régionales.
Pour l’instant, environ dix partis ont confirmé leur participation, mais l’annonce de Tchiroma pourrait créer un effet domino, surtout dans un contexte déjà explosif.
À Yaoundé, certains observateurs s’interrogent :
une absence du FSNC affaiblira-t-elle le scrutin ou renforcera-t-elle la campagne de contestation nationale menée par ses militants ?
Avec cette décision spectaculaire, le FSNC ouvre une nouvelle phase d’affrontement politique. Le boycott pourrait-il pousser d’autres acteurs à revoir leur position, ou au contraire isoler davantage le parti de Tchiroma ?
Crédito: Link de origem
