Les attaques par drone ou missile revendiquées par les Gardiens de la Révolution (armée idéologique de la République islamique) ne sont pas toujours confirmées de source indépendante.
Certaines sont confirmées avec quelques jours de décalage, sans que le navire concerné soit toujours explicitement nommé. Et les bilans peuvent être contradictoires.
Ces attaques, qui ont lieu depuis une semaine, ont interrompu presque totalement la circulation dans le détroit.
Selon les données du site MarineTraffic analysées par l’AFP vendredi, seuls neuf navires commerciaux (pétroliers, cargos ou navires-citernes), certains camouflant par moments leur position, ont été détectés traversant le détroit depuis lundi.
Au moins une dizaine d’attaques –
Depuis le début de la guerre le samedi 28 février plusieurs sources communiquent sur des attaques contre des navires dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique qui voit circuler d’ordinaire 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, mais où le trafic de pétroliers a chuté de 90% en une semaine, selon la société d’analyse Kpler, qui édite le site MarineTraffic.
L’agence britannique de sécurité maritime UKMTO a publié une dizaine d’alertes sur des attaques, ainsi que des avertissements sur des activités suspectes, avec toutefois peu de précisions sur les navires concernés.
L’Organisation maritime internationale (OMI) recensait elle sur son site vendredi un total de neuf attaques contre des vaisseaux dans le détroit d’Ormuz en une semaine, dont quatre totalisant 7 morts.
Selon l’OMI, ces attaques ont visé le «Skylight» (un mort), le «MKD Vyom» (un mort), le «Hercules Star» et le «Stena Imperative» le 1er mars (un mort); le «Libra Trader» et le «Gold Oak» le 3 mars, le «Safeen Prestige» le 4, le «Sonangol Namibe» le 5 et «Mussafah 2» le 6 (quatre morts).
L’Indonésie a annoncé dimanche le naufrage deux jours plus tôt d’un navire dont les caractéristiques et la dernière position correspondent au «Mussafah 2», mais avec un bilan différent. Jakarta a fait état de trois membres d’équipage indonésiens portés disparus, un survivant indonésien blessé, et quatre survivants d’autres nationalités.
Les secours également visés
Selon la société de sécurité maritime Vanguard, le «Mussafah 2» a été touché par deux missiles alors qu’il tentait de porter assistance au porte-conteneurs «Safeen Prestige», lui aussi frappé par un autre missile deux jours plus tôt.
«Les récents rapports d’incidents indiquent que les navires fournissant une assistance ou effectuant des opérations de sauvetage à des navires précédemment ciblés peuvent également être confrontés à un risque accru de frappes ultérieures», a mis en garde samedi dans une note le Centre conjoint d’information maritime (JMIC), géré par une coalition navale occidentale.
D’une manière générale, «le schéma observé d’attaques contre des navires à l’ancrage, des navires en navigation et des navires d’assistance suggère une campagne visant à créer une incertitude opérationnelle et à dissuader le trafic commercial régulier plutôt qu’une tentative soutenue de couler des navires», souligne le JMIC.
Déclarations iraniennes contradictoires
Les intentions de l’Iran – qui exporte son pétrole via le détroit d’Ormuz – sont difficilement lisibles avec des déclarations contradictoires.
Un général iranien des Gardiens de la Révolution a menacé lundi de «brûler tout navire» tentant de franchir le détroit d’Ormuz» et de bloquer toute exportation pétrolière du Golfe.
Mais l’Iran «n’a pas l’intention» à ce stade de fermer le détroit d’Ormuz, a déclaré jeudi son chef de la diplomatie Abbas Araghchi.
Les Etats-Unis ont eux annoncé leur intention d’escorter les navires marchands tentant de passer par le détroit d’Ormuz «dès que ce sera raisonnable».
Le président français Emmanuel Macron a lui annoncé mardi qu’il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les «voies maritimes essentielles à l’économie mondiale» dans la région.
Source: Agence France-Presse – 08.03.2026
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