Le verdict est tombé à Douala et il fait grand bruit. Le 14 janvier 2026, la Chambre sociale du Tribunal de grande instance du Wouri a jugé abusif le licenciement de Jean Sylvestre Elouna, ex-directeur administratif et financier de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale. L’institution est condamnée à lui verser 19,2 millions FCFA. Une décision lourde de sens. Que révèle vraiment ce dossier ?
Le tribunal a estimé que la rupture du contrat de travail intervenue en août 2022 ne reposait sur aucun fondement juridique solide. La condamnation financière de 19,2 millions FCFA couvre notamment l’indemnité de licenciement, le préavis, le treizième mois et la restitution de prélèvements fiscaux jugés indus. La juridiction a également ordonné la restitution des effets personnels de Jean Sylvestre Elouna, retenus dans son bureau depuis près de trois ans, un fait qualifié d’abus manifeste par plusieurs observateurs.
Une procédure interne fragilisée
Au cœur de l’affaire, le rapport du cabinet Deloitte, brandi pour justifier le licenciement, s’est révélé être une simple mission sur procédures convenues, et non un audit complet. Un détail lourd de conséquences, qui a fortement affaibli la position de la Bvmac devant la justice.
Après une tentative de règlement administratif restée infructueuse, l’ancien DAF avait saisi l’Inspection du travail puis la justice, dénonçant des accusations infondées et des droits sociaux non respectés. Si toutes ses réclamations n’ont pas été retenues faute de preuves suffisantes, le tribunal a reconnu le caractère abusif de la procédure disciplinaire engagée contre lui.
Pour une institution censée incarner la rigueur et la transparence du marché financier de la Cemac, cette décision soulève de sérieuses interrogations sur la gouvernance interne.
Au-delà de l’indemnisation, l’affaire Jean Sylvestre Elouna fragilise l’image de la Bvmac. Cette condamnation sera-t-elle le déclencheur d’une réforme interne attendue ?
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