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Kamdem Ninyim exécuté ► histoire cachée

Peu de Camerounais savent qu’un jeune de seulement 23 ans a un jour occupé un poste ministériel… avant d’être exécuté publiquement quelques années plus tard. Ce destin brisé, celui de Kamdem Ninyim Pierre, ancien chef Baham et ministre de la Santé dans le premier gouvernement d’Ahidjo, refait surface et crée un choc dans les débats mémoriels. « On nous a caché trop de choses », glisse un notable de Baham, encore ému.
Comment un jeune dirigeant, brillant et respecté, en est-il arrivé à être accusé, jugé, puis exécuté dans un climat politique déjà tendu ? Et pourquoi son histoire reste-t-elle si peu racontée ?

Un ministre prodige devenu figure encombrante

Le parcours de Kamdem Ninyim impressionne encore aujourd’hui. Né à Baham, devenu chef traditionnel à un âge précoce, il entre dans le premier gouvernement camerounais comme ministre de la Santé publique à seulement 23 ans, un record africain rarement égalé.

Formé en France, il côtoie alors les grands intellectuels et rencontre des cadres de l’UPC, notamment Félix Moumié. Certaines sources rapportent que ce lien, même discret, lui aurait attiré plus tard la méfiance du pouvoir central, dans un contexte marqué par les tensions politiques des années post-indépendance.

Selon plusieurs témoignages, il aurait même tenté de convaincre des maquisards de déposer les armes, notamment son ami Momo Paul, un geste qui renforcera paradoxalement les soupçons de duplicité.

Entre accusations, méfiances et silence officiel

L’affaire Kamdem Ninyim : une zone d’ombre de l’histoire camerounaise

Les témoignages concordent : dès 1961, un climat de suspicion s’installe entre le jeune ministre et le régime d’Ahidjo. Son influence à l’Ouest, sa proximité supposée avec certains ex-maquisards, et l’assassinat non élucidé du chef Mopen Noé contribuent à nourrir des accusations de trahison.

« On l’a jugé trop vite », regrette un ancien enseignant de Bafoussam rencontré par 237online.com. Le procès, organisé en 1963, se déroule dans un contexte où les équilibres politiques restent fragiles. Kamdem Ninyim est condamné à mort, puis exécuté en janvier 1964 sur décision de l’État.
Aucun récit officiel détaillé n’a jamais été fourni, laissant la population dans l’incompréhension.

Pour beaucoup, la disparition du plus jeune ministre du Cameroun reste l’un des symboles les plus marquants — et les plus tues — de cette période agitée.
Pour d’autres, elle témoigne d’une époque où l’État cherchait à s’affirmer dans l’urgence, au risque d’erreurs irréparables.

Un héritage mémoriel toujours brûlant

Aujourd’hui encore, à Baham comme dans d’autres localités de l’Ouest, le nom de Kamdem Ninyim suscite respect et tristesse. Certains parlent d’un héritier légitime de la chefferie, d’autres d’un visionnaire sacrifié. Dans un message relayé sur les réseaux, un habitant confie : « On l’a accusé de tous les maux, mais l’histoire finira par le réhabiliter. »

Cette affaire pose une question plus large : comment le Cameroun raconte-t-il le passé, surtout celui qui dérange ?
À l’heure où plusieurs jeunes Camerounais redécouvrent leur histoire, la vérité sur Kamdem Ninyim semble plus que jamais attendue.

Le destin tragique de Kamdem Ninyim reste l’un des épisodes les plus controversés des premières années du Cameroun indépendant. Entre silence d’État, archives manquantes et mémoire blessée, son histoire continue d’interpeller.
Le pays est-il prêt à revisiter ces pages oubliées de son histoire pour offrir enfin une vérité claire aux générations futures ?

Crédito: Link de origem

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