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Kiev dans le froid forcé : la moitié de la ville privée de chauffage

Trans Afrique

Kiev dans le froid forcé après de nouvelles frappes russes : au moins quatre personnes ont été tuées et la moitié des immeubles résidentiels se retrouvent sans chauffage, poussant le maire à appeler les habitants à évacuer « temporairement » la capitale. Un signal d’alarme rare, à la mesure de la gravité de la situation.

La Russie a utilisé, pour la deuxième fois depuis février 2022, son missile balistique de dernière génération Orechnik lors de cette nouvelle nuit de bombardements dans l’ouest de l’Ukraine. Un signal supplémentaire de l’escalade en cours.

L’Union européenne, ainsi que Paris, Berlin et Londres, a dénoncé une « escalade » de Moscou dans l’usage de ce missile de portée intermédiaire, capable d’emporter des ogives nucléaires. Et ils mettent en garde contre les risques d’un nouveau palier dans le conflit.

– Une capitale sous les bombes –

La Russie a poursuivi ses bombardements contre l’Ukraine, au lendemain de son rejet du plan européen visant à déployer une force multinationale dans le pays après une éventuelle fin du conflit. Et Moscou entend visiblement maintenir la pression.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé la communauté internationale à une « réaction claire » après cette attaque, survenue en pleine vague de froid et ayant touché une quarantaine de sites dans la capitale. Et il prévient : l’inaction n’est plus une option.

Le parquet ukrainien fait état de quatre morts et de vingt‑six blessés. Un bilan lourd, qui pourrait encore évoluer.

« La moitié des immeubles d’habitation à Kiev — près de 6 000 — sont actuellement privés de chauffage », a alerté le maire Vitaly Klitschko, qui a appelé ceux qui le peuvent à quitter « temporairement » la ville. Et son avertissement sonne comme un signal d’urgence.

Les journalistes de l’AFP n’ont observé aucune affluence massive dans les gares routières et ferroviaires. Le trafic restait normal. Et aucun mouvement de panique n’était visible.

Des équipes travaillaient encore vendredi, sous des températures de –7 °C à –12 °C, pour rétablir au plus vite le chauffage dans la capitale, privé pour 417 000 foyers selon l’opérateur DTEK. Et la course contre le froid se jouait à la minute.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a condamné ces frappes. Selon son porte‑parole, il rappelle que « les attaques contre des civils et des infrastructures civiles violent le droit international humanitaire ». Et il insiste : où qu’elles aient lieu, elles sont « inacceptables » et doivent cesser « immédiatement ».

– Une nuit de peur et de froid –

Nina, 70 ans, qui vit dans l’un des immeubles touchés, ne cache plus sa colère. Elle s’indigne que le monde évoque un accord de paix alors que la Russie continue de bombarder. « Où est l’Europe, où est l’Amérique ? », lance‑t‑elle à l’AFP. Et sa question claque comme un reproche.

Moscou affirme avoir visé des « cibles stratégiques » en Ukraine, notamment avec son missile balistique Orechnik, dont les ogives peuvent atteindre près de 13 000 km/h. Et le message est clair : la Russie veut montrer sa puissance.

Selon le ministère russe de la Défense, ces frappes auraient été menées « en réponse » à une tentative ukrainienne de viser une résidence de Vladimir Poutine fin décembre. Kyiv et les Occidentaux dénoncent des « mensonges ». Et ils rejettent fermement cette version des faits.

Le service ukrainien de sécurité (SBU) a publié des images montrant des débris présentés comme ceux du missile Orechnik utilisé par Moscou pour frapper la région de Lviv. Il n’a pas précisé quelles cibles avaient été touchées ni l’ampleur des dégâts. Et le flou demeure.

À Roudno, en périphérie de Lviv, des habitants ont rapporté à l’AFP avoir entendu des explosions. Certains ont aussi signalé des coupures de gaz. Et l’inquiétude a immédiatement gagné le quartier.

« Il fait –18 à –20 °C et il n’y a plus de gaz. Les gens ont des enfants, des familles. Comment peuvent‑ils vivre sans se réchauffer ? », s’est alarmée Slava, 70 ans. Et son cri résume l’urgence.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, a jugé que cette attaque, menée dans une zone proche de l’UE et de l’Otan, constituait « un test pour l’alliance transatlantique ». Et il a prévenu : la réponse collective sera scrutée.

– La spirale des représailles s’intensifie –

Les dirigeants français, allemands et britanniques — Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Keir Starmer — ont dénoncé vendredi les attaques « continues » de la Russie, notamment l’usage du missile balistique Orechnik. Ils y voient une escalade « inacceptable ». Et ils l’ont rappelé d’une même voix lors d’un échange téléphonique.

Le missile Orechnik, dépourvu d’ogive nucléaire lors de ces tirs, avait déjà été employé en 2024 contre une usine militaire à Dnipro, dans le centre‑est de l’Ukraine. Et cette première utilisation avait marqué un tournant.

Près de quatre ans après le début de l’offensive russe, les bombardements se poursuivent. L’armée de Moscou frappe presque chaque jour l’Ukraine, visant surtout les infrastructures énergétiques et portuaires. Et la pression ne faiblit pas.

Kyiv a accusé Moscou d’avoir visé, vendredi, deux cargos en mer Noire avec des drones. L’attaque a tué un marin syrien. Et elle s’ajoute à une série d’opérations similaires menées ces dernières semaines.

En retour, l’Ukraine cible à son tour les infrastructures énergétiques russes. Et elle le fait ouvertement, assumant une stratégie de pression symétrique.

Au total, 556 000 habitants se sont retrouvés privés de courant et de chauffage vendredi matin dans la région russe de Belgorod, frontalière de l’Ukraine, selon le gouverneur Viatcheslav Gladkov. Et la paralysie a été immédiate.

Ces nouvelles frappes tombent alors que les discussions diplomatiques menées ces derniers mois par le président américain Donald Trump s’enlisent. Et elles le confirment : le dialogue patine ; la crise s’installe.

Source: Agence France-Presse

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