la guerre contre la boisson Tchiroma patine

La traque des boissons Tchiroma au Cameroun est loin d’être gagnée. Depuis plusieurs semaines, les autorités administratives ont donné instruction aux gendarmes et policiers de saisir et détruire ces boissons jugées dangereuses. Mais sur le terrain, la réalité est plus compliquée. Les fournisseurs nigérians s’adaptent, et les produits continuent d’inonder le marché.

Une interdiction contournée par les fournisseurs

Tout a commencé avec la Super Cheetah Energy Drink, une boisson énergisante importée du Nigeria, rapidement surnommée « Tchiroma » par les consommateurs camerounais. Face aux inquiétudes sur sa composition et ses effets sur la santé, les autorités ont déclaré cette boisson prohibée à titre absolu et lancé une opération de répression à l’échelle nationale.

Résultat inattendu : un fournisseur nigérian n’a pas retiré son produit. Il a simplement fabriqué une nouvelle boisson, officiellement baptisée cette fois « Tchiroma », reprenant le nom populaire. Le produit circule désormais librement, et les consommateurs en raffolent. Une manœuvre qui prend de court les forces de l’ordre.

Sur le terrain, les saisies continuent malgré tout. Récemment, le sous-préfet de Bardaké, dans la région du Nord, a supervisé la destruction d’une cargaison estimée à 3 millions de francs CFA, en présence des forces de police. Une opération filmée et relayée, mais qui ne règle pas le problème à la source.

Un marché difficile à contrôler

Le défi est réel. Le Cameroun partage de longues frontières poreuses avec le Nigeria, et les produits transitent souvent via des circuits informels difficiles à surveiller. Les boissons Tchiroma circulent notamment dans les régions du Nord, de l’Adamaoua et de l’Extrême-Nord, où la proximité avec le Nigeria facilite les échanges commerciaux non contrôlés.

La popularité du produit est aussi un obstacle. Des consommateurs y voient une boisson bon marché et stimulante, sans forcément s’interroger sur sa composition réelle. Aucune analyse officielle publique n’a encore clairement établi et communiqué les substances exactes qui justifient l’interdiction, ce qui fragilise la pédagogie autour de la mesure.

Les autorités sanitaires, notamment le ministère de la Santé publique, n’ont pas encore publié de communication nationale exhaustive sur les risques liés à ces boissons.

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