L’Histoire est cruelle mais claire : les fauves chassent pour vivre, donc par nécessité biologique. Ils s’arrêtent quand le ventre est plein, ou quand le risque dépasse le gain.
Mais l’impérialisme, lui, ne chasse pas seulement pour manger.
Il chasse pour dominer. Il attaque par intérêt, par peur, et surtout par sentiment de supériorité structurelle : l’idée malsaine que certains peuples seraient nés pour commander, et d’autres pour obéir.
Voilà pourquoi l’impérialisme ne se fatigue jamais.
Il ne s’agit pas d’une politique : c’est une psychologie de caste, un réflexe de système.
Et c’est exactement la nature de la bataille qui se joue aujourd’hui contre l’AES.
I. La règle d’or : on ne pardonne jamais aux peuples qui se relèvent
L’impérialisme tolère beaucoup de choses :
des élections folkloriques,
des oppositions domestiquées,
des présidents «acceptables»,
des réformes sans rupture,
une souveraineté de discours.
Mais il ne tolère pas :
• l’autonomie stratégique,
• la reconquête de l’État,
• la réhabilitation de l’armée nationale,
• le rejet des tutelles,
• et surtout la possibilité d’un modèle de contagion.
L’AES représente une menace non parce qu’elle attaque quelqu’un, mais parce qu’elle prouve que le destin n’est pas scellé, que le Sahel peut se gouverner, se défendre, et réécrire ses contrats.
C’est cela que l’empire veut casser.
II. Les valets locaux : l’arme impériale la plus efficace
L’impérialisme a compris depuis longtemps une vérité simple :
il est moins coûteux d’acheter un pays que de l’envahir.
Le colonisateur du XXIe siècle n’a plus besoin de débarquer.
Il lui suffit d’activer :
des relais médiatiques,
des ONG-écrans,
des réseaux d’influence,
des «experts» télévisuels,
des partis opportunistes,
des syndicats manipulés,
des officiers achetés,
des «leaders d’opinion» nourris.
Le valet local est le missile le moins cher.
Exemple historique : la chute de Thomas Sankara n’a pas été réalisée par une armée étrangère débarquant à Ouagadougou, mais par une mécanique interne activée et exploitée. Ce schéma s’est reproduit partout : Iran 1953, Congo-Lumumba, Chili 1973, etc. L’instrument change, la logique demeure.
III. La leçon brutale de la Chine : aucune puissance ne survit avec des services infiltrés
Ce qui se passe en Chine aujourd’hui est une alerte stratégique mondiale.
La direction chinoise a enclenché une purge sécuritaire d’une ampleur historique, touchant le sommet de la hiérarchie militaire. Des figures majeures sont soupçonnées de violations graves, d’activités illégales, voire de trahison et de transmission d’informations sensibles à une puissance étrangère.
Conséquences immédiates :
enquêtes au sommet,
sécurisation renforcée,
suspicion généralisée,
réorganisation autoritaire,
discipline réaffirmée,
verrouillage des centres de pouvoir.
Le message central est clair :
Une armée infiltrée est une armée déjà vaincue.
Un État infiltré est un État déjà colonisé.
Et la Chine ne traite pas cela comme un débat de salon.
Elle le traite comme une question de survie nationale.
IV. Ce que l’AES doit comprendre : l’ennemi préférera toujours la trahison à la bataille
Ne soyons pas naïfs : face à l’AES, l’impérialisme ne misera pas d’abord sur les chars et les bombes. Il misera sur :
la corruption ciblée (financer la rupture interne),
la guerre psychologique (fabriquer le doute),
les fractures ethniques et sociales (provoquer l’implosion),
le sabotage économique (asphyxier),
l’isolement diplomatique (délégitimer),
l’infiltration des forces armées (décapiter),
la trahison institutionnelle (judiciaire/administrative).
L’objectif n’est pas seulement de faire tomber un régime.
L’objectif est plus profond :
→ empêcher la naissance d’un modèle souverain durable au Sahel.
V. Le premier bouclier : la Fédération AES
C’est ici que votre intuition est capitale.
L’AES doit franchir un seuil historique : passer à la Fédération.
Pourquoi ? Parce que la Fédération :
dilue les vulnérabilités de chaque État,
mutualise le renseignement, la défense, la diplomatie,
ferme les brèches qu’exploitent les adversaires,
impose une profondeur stratégique,
rend le renversement plus difficile (on ne renverse plus un pays : il faut casser un bloc).
L’impérialisme n’a jamais peur d’un État isolé.
Il a peur des ensembles.
C’est pourquoi :
il a combattu les tentatives d’unité africaine,
il redoute la consolidation régionale,
il attaque toute intégration réelle (pas symbolique).
La Fédération AES est donc un premier palier de blindage systémique contre la guerre hybride occidentale.
VI. Deuxième bouclier : cohésion sociale + soutien stratégique aux autorités
Il faut dire une chose sans hypocrisie :
quand une nation est assiégée, l’ambiguïté devient une trahison involontaire.
Les peuples doivent comprendre :
on peut critiquer dans les formes,
on peut exiger des résultats,
on peut refuser l’injustice,
mais on ne doit jamais :
• fragiliser l’autorité stratégique,
• briser l’unité nationale,
• ouvrir la porte aux réseaux impériaux internes.
Car c’est là que l’empire gagne : quand le peuple détruit ses propres digues.
VII. Les 10 conseils «béton» à l’AES (doctrine de survie souveraine)
1) Doctrine anti-infiltration
Créez une cellule fédérale AES de contre-ingérence :
audits permanents,
traçage des patrimoines,
contrôle des communications sensibles,
test de loyauté stratégique dans les unités critiques.
2) Sécuriser les forces armées
La Chine l’a compris :
on ne modernise pas une armée avec des traîtres.
Il faut une discipline impitoyable mais rationnelle.
3) Neutraliser les relais «soft power»
Tout pays a des ONG et médias.
Mais un pays souverain distingue :
société civile nationale,
outils de déstabilisation étrangers.
4) Guerre narrative
Une AES muette est une AES vaincue.
Il faut :
une doctrine de communication,
des porte-voix crédibles,
des preuves documentées,
des récits structurants (souveraineté, dignité, justice sociale).
5) Économie de guerre
Face aux sanctions/pressions :
autonomie alimentaire,
monnaie et paiements résilients,
chaîne logistique sécurisée,
contrôle stratégique des ressources.
6) Justice anti-collaboration
La trahison ne doit plus être un débat moral,
mais une catégorie pénale rigoureuse.
7) École et conscience historique
Un peuple sans mémoire est une proie.
Il faut enseigner :
les mécanismes de domination,
les coups d’État téléguidés,
les stratégies de division.
8) Diplomatie en blocs
Toujours négocier en format AES.
Toujours internationaliser.
Toujours diversifier les partenariats.
9) Sécuriser les capitales
Les vidéos de convois militaires à Pékin, le verrouillage sécuritaire, les purges : c’est brutal, mais instructif.
L’AES doit sécuriser :
centres de décision,
infrastructures énergétiques,
télécoms,
banques,
dépôts stratégiques.
10) Fédération ou étouffement
L’AES doit annoncer un calendrier fédéral clair.
Le flou est dangereux :
il donne du temps à l’ennemi pour infiltrer et diviser.
Conclusion : La guerre contre l’AES ne s’arrêtera pas d’elle-même
Il faut regarder la réalité en face :
L’impérialisme ne se repose pas.
Il ne se fatigue pas.
Il ne renonce pas.
Il ne considère pas l’AES comme un interlocuteur, mais comme une anomalie à corriger.
Et il n’admettra jamais :
l’égalité,
la réciprocité,
l’indépendance,
la souveraineté réelle.
Donc l’AES doit agir comme une puissance en construction :
discipline intérieure,
ciment social,
fédération stratégique,
contre-ingérence permanente.
Car dans ce monde, une vérité domine toutes les autres :
Les empires tolèrent les faibles.
Ils respectent les solides.
Et ils craignent les unis.
Dr. Eloi Bandia Keita
Source: https://reseauinternational.net/
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