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Le CENOU rééquilibre les repas dans les RU pour un accès plus équitable des étudiants – BurkinaInfo – Toute l’information du Burkina Faso en temps réel


Le Centre National des Œuvres Universitaires du Burkina (CENOU/Burkina) a expliqué, ce 25 février 2026 à Ouagadougou, les raisons qui ont conduit au réajustement du nombre de plats servis dans les restaurants universitaires (R.U). Pour le Directeur Général du CENOU, Noël Thombiano, il s’agit d’un rééquilibrage pour permettre à tous les étudiants de bénéficier des repas dans les R.U.

​Dans un communiqué paru le 11 février 2026, le CENOU a annoncé un réajustement du nombre de plats servis dans les R.U. Le nombre de plats servis par mois passe de 70 à 65 plats par étudiant.

​Les étudiants ont crié au scandale, estimant que ce réajustement leur sera défavorable. Dans un souci de transparence et pour mettre fin aux interrogations, le CENOU a apporté des éclaircissements sur les raisons de cette décision. Selon Noël Thombiano, le réajustement a été pensé pour combler l’insuffisance des plats constatée dans les R.U.

​Chaque étudiant, avant ce communiqué, avait droit à 70 plats par mois dans les R.U. Il bénéficiait du déjeuner et du dîner, plus 10 plats supplémentaires en cas d’urgence. Le communiqué précise que ce nombre passera désormais à 65 plats par mois et par étudiant. Concrètement, cela signifie que le CENOU garantit toujours deux plats journaliers à chaque étudiant. En revanche, le supplément de 10 plats est réduit à 5. Pour Noël Thombiano, ce réajustement est dû à l’insuffisance du nombre de plats face à une demande explosive.

​Il a cité, entre autres, l’explosion de la population estudiantine consécutive aux bons taux de succès au baccalauréat (63 535 nouveaux bacheliers en 2024, 62 500 en 2025), ainsi que la crise sécuritaire. Cette dernière a transformé de nombreux parents en personnes déplacées internes (PDI), brisant les chaînes d’envoi d’argent et de vivres aux étudiants. Cela a entraîné une ruée vers les R.U comme unique recours alimentaire.

​« Nous avons opté pour une mesure de rééquilibrage solidaire. Pour qu’aucun nouvel étudiant, frère ou sœur arrivé récemment de zones en crise, ne se retrouve sans ticket, nous avons ajusté le plafond à 65 repas. Cette mesure de protection permet d’intégrer immédiatement jusqu’à 3 800 nouveaux bénéficiaires dans nos restaurants en préservant la continuité du service. C’est le choix de ne laisser personne au bord du chemin », a déclaré Noël Thombiano.

Noël Thombiano a signifié que l’État a consenti au remboursement de dettes de plus de 2 milliards de FCFA en 2023 pour les R.U. Il a augmenté les budgets de la restauration. Ceux-ci sont passés, selon le directeur, de 6,96 milliards de FCFA en 2022 à 9,6 milliards de FCFA en 2026.

Malgré ces investissements, Noël Thombiano a fait remarquer que la pression reste forte et que certains restaurants enregistrent des dépassements. Il reste, précise-t-il, 230 millions de FCFA à payer en 2025, ce qui menace, de son point de vue, la pérennité du service des R.U.

​« En réduisant ce surplus individuel, nous ne faisons pas d’économies, nous faisons de la place à table pour nos frères et sœurs les plus fragiles. C’est cela l’esprit de solidarité qui doit animer notre communauté universitaire face aux défis de notre nation (…). L’État augmente les budgets année après année, modernise les services, normalise les années académiques pour décongestionner les universités afin d’offrir aux étudiants de meilleurs cadres de vie et d’étude. C’est ainsi qu’il faut comprendre la lettre et l’esprit de notre communiqué en date du 11 février 2026 », a mentionné Noël Thombiano.

Pour Souleymane Konaté, étudiant à l’Université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ), cette décision de réduire le nombre de plats n’est pas bénéfique pour les étudiants. En tant qu’étudiants, ils s’attendaient à ce que le nombre de plats augmente, et non qu’il baisse. La décision, au dire de Souleymane Konaté, permet certes de combler une insuffisance ; toutefois, elle est désavantageuse pour certains.

« Je dis que ce n’est pas une bonne décision. Elle complique notre quotidien. On pouvait manger trois plats par jour, même si ce n’était pas tout le mois. On pouvait manger trois plats jusqu’à dix jours. Dans ces conditions, c’est devenu insuffisant pour nous. Si le CENOU pouvait augmenter le nombre de plats, cela nous plairait. Il serait préférable, même s’ils n’en rajoutent pas, de faire un pas en arrière et de s’en tenir aux 70 plats », a renchérit Odilon Kiemtarboum, étudiant à UJKZ.

​Noël Thambiano a rassuré les étudiants sur le fait que cette décision est une invite à la chaîne de solidarité, surtout dans un contexte où chacun doit vivre cette valeur, notamment à travers la campagne Deme Sira, qui vise à renforcer la culture de résilience au sein des communautés.

Saydou Ismaël GANAME

Faso7

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