Un épisode tragique de l’histoire coloniale refait surface dans la mémoire collective. En 1929 à Bafia, lors d’expérimentations médicales contre la maladie du sommeil menées par le médecin colonial Eugène Jamot, une erreur thérapeutique aurait provoqué la cécité de près de 700 personnes. Ce drame humain, longtemps resté dans l’ombre des archives coloniales, continue de susciter interrogations et indignation. Comment un tel événement a-t-il pu marquer l’histoire sans véritable reconnaissance ?
Une expérimentation médicale qui tourne au drame
À la fin des années 1920, les autorités coloniales intensifient les campagnes médicales contre la maladie du sommeil, une pathologie qui ravage alors plusieurs régions d’Afrique centrale. À Bafia, dans l’actuelle région du Centre, des campagnes de traitement sont organisées sous la direction du médecin colonial Eugène Jamot.
Mais selon plusieurs récits historiques, une erreur dans les traitements administrés aurait provoqué un drame sanitaire majeur. Près de 700 habitants auraient perdu la vue après les injections réalisées dans le cadre de ces expérimentations. Le choc est immense pour la population locale, qui voit des familles entières plongées dans une souffrance irréversible.
Une page douloureuse de l’histoire coloniale
Malgré l’ampleur de la tragédie, cet épisode est resté longtemps peu documenté dans les récits officiels de l’époque coloniale. Pour de nombreux historiens et chercheurs, il illustre les dérives de certaines pratiques médicales menées sans garanties suffisantes pour les populations locales.
Le paradoxe demeure frappant : malgré ce drame, certains établissements médicaux portent encore aujourd’hui le nom du médecin colonial impliqué dans ces campagnes sanitaires. Cette réalité alimente régulièrement le débat sur la mémoire historique et la manière dont les sociétés africaines racontent leur propre passé.
Le drame de Bafia rappelle une page douloureuse de l’histoire médicale coloniale. Presque un siècle plus tard, la question de la mémoire et de la reconnaissance demeure. Les sociétés africaines doivent-elles réécrire elles-mêmes leur histoire ?
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