Scène rare et chargée d’émotion dans le Nord-Ouest. Ce week-end, le Fon Chafah Isaac de Bangolan a regagné son palais après plusieurs années passées à Yaoundé, où il vivait en exil à cause de la crise anglophone. Accusé de soutenir l’unité nationale, le chef traditionnel était devenu une cible pour les milices séparatistes. Son retour, très symbolique, redonne espoir à de nombreux habitants.
Le retour d’un chef traditionnel sous haute tension
Dans la région du Nord-Ouest, plusieurs autorités traditionnelles ont quitté leurs villages depuis le début de la crise anglophone en 2017. Les groupes séparatistes considèrent souvent ces chefs comme des alliés de l’État. C’est dans ce contexte que le Fon Chafah Isaac, figure importante de Bangolan, avait trouvé refuge à Yaoundé après des menaces directes contre sa vie.
Son retour ce week-end marque donc un moment fort pour la communauté. Selon des notables locaux, des milliers d’habitants attendaient depuis longtemps que le trône traditionnel soit de nouveau occupé. La présence du chef au palais royal est perçue comme un signal de résistance face à la peur.
Tradition et autorité coutumière face à la crise
À Bangolan, la tradition accorde une place centrale au chef. Selon les gardiens des coutumes, laisser le trône vacant trop longtemps pourrait porter malheur au village. Sous la pression des notables et du Ngumba, une société traditionnelle influente, le Fon aurait décidé de revenir malgré les risques.
Un notable du village résume l’état d’esprit local : « La terre de nos ancêtres ne peut pas rester sans chef ». Ce retour est ainsi vu comme un acte de souveraineté coutumière et un défi direct aux menaces des groupes armés.
Crédito: Link de origem
