Le gouvernement prône une réconciliation sociale au-delà des clivages politiques – BurkinaInfo – Toute l’information du Burkina Faso en temps réel
Le chef du gouvernement a tenu à lever toute ambiguïté concernant la question de la réconciliation nationale. La réconciliation nationale prônée par les autorités de la Transition ne saurait être assimilée à une réconciliation politique au sens classique du terme.
« Quand je parlais de réconciliation nationale, certains pensaient que je parlais de réconciliation politique. Ce n’est pas de cela dont je parlais », a-t-il affirmé avec fermeté.
Pour Jean-Emmanuel Ouédraogo, la véritable réconciliation est celle qui concerne les fils et filles du Burkina Faso, au-delà des clivages partisans. Il a dénoncé une conception politicienne de la réconciliation, souvent réduite, selon lui, à des négociations autour du « partage du pouvoir ». « Pour certains acteurs politiques, la réconciliation, c’est comment se partager le pouvoir. Nous ne sommes pas dans ce schéma », a-t-il insisté. Il a rappelé que l’objectif fondamental du gouvernement est de restaurer la confiance entre les communautés, de recoudre le tissu social mis à rude épreuve par des années de crises sécuritaires, sociales et institutionnelles. « Notre objectif, c’est que les communautés ne se regardent plus avec méfiance, que la fraternité revienne d’un village à l’autre. Le travail à faire aujourd’hui, c’est de recoudre le tissu social, pas le tissu politique », a-t-il affirmé.
Le Premier ministre a également mis en lumière un constat préoccupant. Selon lui, de nombreuses fractures sociales trouvent leurs racines dans des divergences politiques. Même certaines crises observées au sein de la chefferie coutumière ou des communautés locales sont, après analyse, souvent entretenues par des intérêts politiciens, dit-il. « Quand on gratte un peu, on se rend compte que ce sont des crises suscitées, à l’origine, et entretenues par des divergences politiciennes », a-t-il déploré, appelant à une prise de conscience collective. Et d’ajouter : « Les acteurs politiques, s’ils veulent se réconcilier, qu’ils se concertent et qu’ils se réconcilient.
Le chef du gouvernement a réaffirmé que des actions sont déjà engagées en matière de réconciliation nationale visant prioritairement la cohésion sociale et la consolidation de la paix. Ces initiatives impliquent l’ensemble des parties prenantes, notamment les autorités coutumières et religieuses, les institutions compétentes et les acteurs sectoriels. Parmi les acquis majeurs, il a cité les actions de sensibilisation, la mobilisation sociale en faveur de la paix ainsi que la promotion d’initiatives locales de développement économique, destinées à réduire les fractures sociales et à renforcer le vivre-ensemble.
Rama Diallo
lefaso.net
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