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Le Mali face à la menace des réseaux sociaux : L’émergence d’un « nouveau pouvoir » sans contre-pouvoir

Face à la multiplication des menaces que les réseaux sociaux font planer sur notre pays, le gouvernement malien doit engager la résistance sans laquelle nous pourrions perdre notre indépendance émotionnelle et cognitive. Il est donc nécessaire de réunir en toute urgence des experts et des acteurs de terrain pour proposer des pistes le plus tôt possible afin d’enrayer les menaces de l’Internet, de l’IA (Intelligence artificielle) et des réseaux sociaux. C’est un secteur qui est en train de devenir un « nouveau pouvoir » sans contrepouvoir et qu’il faut absolument assainir avant les prochaines échéances électorales.

La réflexion doit nous amener à orienter les algorithmes créés par les plateformes (pour capter l’attention des usagers) à des fins idéologiques ou publicitaires, avec à la clé des intérêts financiers colossaux à capitaliser. Ce qui se joue avec les algorithmes, reconnaissent aujourd’hui de nombreux experts, c’est « l’émergence d’un nouveau pouvoir aux côtés de l’exécutif, du législatif et du judiciaire ». Pis, c’est un pouvoir sans garde-fous, donc sans « contre-pouvoirs ». Il est indispensable de créer aujourd’hui des « contre-algorithmes de supervision » pour atténuer la capacité de nuisance des réseaux sociaux.

Dans le monde numérique, a récemment déploré un spécialiste, « le marché des idées est entre les mains d’un petit nombre de grandes entreprises qui ont toujours fait prévaloir leurs intérêts ». Au Mali, comme dans le Sahel, les premiers clients de Facebook ont été certains Occidentaux et voisins dans leurs opérations d’ingérence. Il est évident que les trolls et les bots « faussent la perception des utilisateurs » et peuvent aussi « tromper les algorithmes » en démultipliant leurs effets. Nos autorités doivent penser à créer des réseaux sociaux « d’intérêt public » qui ne reposent pas sur un « modèle publicitaire prédateur », mais sur des « algorithmes transparents ».

Il serait aussi utile et judicieux d’initier « des périodes de réserves sur les réseaux sociaux » avant à la veille des prochaines élections comme sur les médias traditionnels par exemple. En tout cas, il est clair que si on ne prend pas conscience de la menace pour urgemment agir, nous courons le risque de perdre, tôt ou tard, notre indépendance émotionnelle et cognitive !

Macky Cissé

Consultant indépendant

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