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Les premières 48 heures du politiste lancées à Ouagadougou – BurkinaInfo – Toute l’information du Burkina Faso en temps réel

Durant deux jours, étudiants, enseignants-chercheurs, experts et acteurs institutionnels se retrouvent autour de communications scientifiques, d’échanges et d’ateliers pratiques, avec pour ambition de faire de la science politique un véritable outil de compréhension et d’analyse des réalités nationales.

Organisées par le Club des étudiants en sciences politiques (CESP) de l’université Thomas Sankara, les 48 heures du politiste se veulent une plateforme d’entraide scientifique, de débat intellectuel et de promotion de l’excellence académique. Dans un contexte national marqué par des transformations politiques, sociales et sécuritaires majeures, les initiateurs estiment nécessaire de créer un cadre où la réflexion scientifique peut éclairer l’action publique et citoyenne.

Les participants suivant les échanges lors du lancement des 48 heures du politiste

Selon Boukary Kouanda, président du CESP, ces 48 heures traduisent la volonté des étudiants en science politique de dépasser le cadre strict de la formation académique.

« La science politique ne doit pas être uniquement un domaine d’études. Elle doit être aussi un espace de réflexion collective, de débat intellectuel et de construction d’un regard critique sur les réalités de notre société », a-t-il déclaré.

Il a également exprimé sa reconnaissance aux autorités universitaires, aux partenaires et aux anciens étudiants pour leur accompagnement, estimant que leur appui a été « décisif pour la tenue de cette première édition ».

« Cette activité traduit l’engagement des étudiants à contribuer au débat scientifique national », Boukary Kouanda, président du Club des étudiants en sciences politiques de l’université Thomas Sankara

Deux communications au cœur des enjeux nationaux

Le programme scientifique des 48 heures du politiste s’articule autour de deux grandes communications, en lien direct avec les problématiques actuelles du Burkina Faso et du continent africain.

La première communication, intitulée « Souveraineté et identités des peuples noirs », a été animée par Dr Appolinaire Joachimson Keylem de Tambela, président de l’Institut des peuples noirs Farafina, ancien Premier ministre et avocat. À travers une analyse mêlant références historiques, juridiques et politiques, le conférencier a invité à une réflexion approfondie sur la notion de souveraineté et son lien étroit avec l’identité culturelle des peuples noirs.

« La réflexion scientifique doit accompagner les choix politiques majeurs », Dr Appolinaire Joachimson Keylem de Tambela

Pour Dr Appolinaire Joachimson Keylem de Tambela, la souveraineté ne saurait se réduire à un simple discours politique. « La souveraineté ne se proclame pas. Elle se vit et se défend », a-t-il affirmé, soulignant qu’elle suppose une réelle autonomie politique, économique, culturelle et sécuritaire.

Il a insisté sur le rôle central de l’éducation, de la formation et de la conscientisation dans la construction d’une véritable conscience souverainiste, rappelant que l’histoire coloniale et les systèmes de domination contemporains ont profondément fragilisé les identités africaines. Selon lui, la défense de la souveraineté implique des choix courageux, des sacrifices et une forte mobilisation collective, notamment de la jeunesse et des élites intellectuelles.

La seconde communication, intitulée « Crise sécuritaire et reconfigurations politiques au Burkina Faso », qui sera présentée par le Pr Abdoul Karim Saidou, maître de conférences agrégé en science politique à l’université Joseph Ki Zerbo, analysera les profondes mutations induites par la crise sécuritaire sur la gouvernance et les pratiques politiques au Burkina Faso et dans l’espace sahélien.

« La crise sécuritaire transforme durablement les pratiques politiques », Pr Abdoul Karim Saidou

« La crise sécuritaire a entraîné un certain nombre de reconfigurations, aussi bien sur le plan diplomatique que sur le plan de l’organisation de la vie politique interne », a-t-il expliqué, évoquant notamment les restrictions de certaines libertés et la remise en question des mécanismes classiques de la démocratie électorale. Il a rappelé que « l’élection n’est pas le seul mode de sélection des gouvernants » et que la démocratie comporte également des dimensions délibératives et participatives.

Parrain de l’événement, le général de brigade Aimé Barthélemy Simporé, directeur général du Centre national d’études stratégiques (CNES), a salué le dynamisme du CESP et la pertinence du thème choisi. « Les objectifs et les activités scientifiques de ces 48 heures du politiste sont en parfait alignement avec le mandat du CNES, qui est de soutenir et de fédérer la réflexion stratégique sur les grandes questions de notre pays », a-t-il affirmé.

Rappelant que le CNES est un établissement public à caractère scientifique rattaché à la Présidence du Faso, il a mis en garde contre l’affaiblissement de la pensée stratégique.

« Une société peut survivre à des erreurs politiques ponctuelles, mais rarement à l’effondrement de ses facultés d’analyse et de pensée politique », a-t-il prévenu.

« La réflexion stratégique est indispensable à l’action publique », Aimé Barthélemy Simporé

Former des esprits critiques

Le Pr Sylvie Zongo, directrice de l’UFR Sciences juridiques et politiques de l’université Thomas Sankara, a également salué l’initiative portée par les étudiants. « La tenue de cette activité révèle la force de la synergie et de la solidarité lorsqu’elles sont mises au service d’un projet commun porté par des étudiants ambitieux », a-t-elle indiqué, soulignant que cette rencontre s’inscrit pleinement dans la mission fondamentale de l’université : former des esprits critiques et promouvoir la recherche scientifique.

Pr Sylvie Zongo, directrice de l’UFR Sciences juridiques et politiques de l’université Thomas Sankara, saluant l’initiative des étudiants

En marge des communications, un atelier pratique sur la présentation scientifique des travaux de recherche, animé par l’équipe pédagogique du CESP, est également au programme. Il vise à renforcer les compétences méthodologiques et la communication scientifique des étudiants, afin de mieux valoriser leurs productions académiques.

À travers ces 48 heures d’échanges, le Club des étudiants en sciences politiques entend renforcer la visibilité de la discipline, stimuler la réflexion critique et contribuer à une meilleure compréhension des dynamiques politiques, sociales et sécuritaires du Burkina Faso.

Photo de famille

« Ces 48 heures sont une invitation à la curiosité intellectuelle, à l’esprit critique et à l’engagement académique », a conclu Boukary Kouanda, convaincu que la science politique peut jouer un rôle central dans la transformation des sociétés contemporaines.

Anita Mireille Zongo

Lefaso.net


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