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Les Soliloques d’Angèle : « Escroqué, Abderrahmane 39 ans perd pied »

Après plusieurs années de petits emplois et d’économies patientes, il décide d’investir pour lancer son projet d’agriculture sous serre, dont le financement était conditionné à l’acquisition d’un terrain, convaincu que cette initiative marquerait le début d’une stabilité économique. Comme beaucoup de jeunes, il mise sur l’initiative privée pour construire son avenir.

Le projet s’effondre brutalement lorsqu’il devient victime d’une escroquerie. Les sommes versées pour l’achat de la parcelle disparaissent, les engagements pris n’ont pas été honorés et l’interlocuteur devient progressivement introuvable. Abderrahmane engage alors les démarches prévues par la loi. Il se rend à la police, puis à la gendarmerie, dépose plainte, fournit les documents en sa possession et multiplie les déplacements, convaincu que les institutions permettront de faire valoir ses droits. Les procédures sont enclenchées, mais les réponses tardent, les enquêtes s’enlisent et aucune restitution des fonds n’intervient.

Dans le même temps, il se tourne vers l’agence immobilière ayant servi d’intermédiaire, espérant un recouvrement ou, à défaut, une forme de médiation. Là encore, les démarches se heurtent à des renvois de responsabilité et à l’absence de mécanismes clairs de réparation. Malgré les relances répétées, le dossier circule sans produire d’effet concret. L’escroquerie est reconnue, mais demeure sans conséquence réparatrice pour la victime.

Au fil des mois, l’impossibilité de récupérer les fonds devient une réalité difficile à accepter. Les économies accumulées pendant des années se sont évaporées, les frais liés aux démarches s’ajoutent à la perte initiale et le projet, pensé comme une porte de sortie économique, devient un symbole d’échec imposé. De son appartement, il passe à la location d’une chambre, après avoir bradé tous ses biens. Comment va t’il se reconstruire ?

Au-delà du cas d’Abderrahmane, ce récit met en lumière une difficulté plus large : la faible capacité de protection et de réparation face aux escroqueries, même lorsque les victimes sollicitent les voies institutionnelles. Cette réalité décourage l’initiative privée, pourtant présentée comme un levier essentiel de développement.

Face à cette impasse, quelques alternatives subsistent, bien que leurs résultats restent incertains. Le recours à une action judiciaire plus approfondie, notamment par une plainte avec constitution de partie civile , la médiation encadrée et les actions collectives, lorsque plusieurs victimes sont concernées, la centralisation rigoureuse des preuves et l’appui d’organisations de défense des victimes ; autant de solutions qu’il faut développer et encadrer car elles peuvent redonner espoir aux candidats à l’entreprenariat.

Parce que c’est notre Mali.

Muriel Jules

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