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L’Iran frappe le Golfe avec intensité : détonations en série

Trans Afrique

L’Iran frappe le Golfe avec intensité et jure de ne pas capituler. Samedi, des vagues de missiles et de drones s’abattent sur le Qatar, Bahreïn, les Émirats, le Koweït et l’Arabie saoudite. Pendant ce temps, Israël frappe l’aéroport de Téhéran et des sites militaires stratégiques. La deuxième semaine de guerre commence dans un embrasement généralisé.

Téhéran défie Trump : « Ils peuvent emporter ça dans leurs tombes »

Samedi, le président iranien Masoud Pezeshkian prend la parole sur la télévision d’État. Sa réponse à l’exigence de capitulation inconditionnelle de Donald Trump est cinglante. « Les ennemis — Israël et les États-Unis — peuvent emporter dans leurs tombes leur souhait de voir le peuple iranien se rendre », lance-t-il.

Le ton est celui d’un régime qui refuse de plier, même sous les bombes. Même après la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué dès le premier jour du conflit. Même après des milliers de frappes israélo-américaines en une semaine. Pezeshkian fait partie du triumvirat assurant la transition après la disparition de Khamenei. Il parle au nom d’un système qui veut prouver qu’il tient encore debout.

Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejeï — également membre du triumvirat — enfonce le clou. L’Iran poursuivra ses attaques contre des sites dans des pays voisins utilisés dans « l’agression », affirme-t-il, en invoquant des « preuves » que certains États de la région se sont « mis à la disposition de l’ennemi ». Il précise agir avec l’accord de tous les « piliers du système ».

La réponse de Téhéran ne se limite pas aux discours. Samedi, l’Iran lance des vagues successives de missiles et de drones contre ses voisins du Golfe. Des détonations retentissent dans l’après-midi à Doha au Qatar, puis à Manama, la capitale de Bahreïn, selon des journalistes de l’AFP présents sur place.

Israël frappe l’aéroport de Téhéran, des flammes sur Mehrabad

Sur le front militaire israélien, la journée de samedi est l’une des plus intenses depuis le début du conflit. Les raids israéliens commencent avant l’aube et visent des cibles d’une importance stratégique majeure : une académie militaire, un centre de commandement souterrain, un site de stockage de missiles.

Puis l’aéroport international Mehrabad de Téhéran entre dans le viseur. Des photos de l’AFP montrent des flammes rougeoyantes et de la fumée s’élever du site. L’armée israélienne affirme avoir frappé 16 avions de l’unité d’élite des Gardiens de la Révolution sur ce seul aéroport. La ville d’Ispahan, dans le centre du pays, est également ciblée selon Israël.

Les chiffres donnent le vertige. En une semaine, l’armée israélienne revendique 400 cibles frappées dans la seule journée de vendredi. Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) annonce de son côté plus de 3.000 cibles atteintes depuis le déclenchement de l’opération le 28 février.

Dans les rues de Téhéran, des habitants joints par téléphone décrivent à l’AFP une ville sous contrôle. Des checkpoints ont été instaurés pour empêcher les pillages. Un résident de 40 ans, sous couvert d’anonymat, confirme que les magasins restent ouverts et que des marchandises sont « disponibles », même si « tout est devenu un peu plus cher ». Une ville qui résiste, sous tension, sous surveillance.

Les autorités iraniennes recensent environ un millier de personnes tuées depuis le début du conflit, dont 30 % sont des enfants. L’AFP ne peut pas vérifier ces chiffres.

Le Golfe sous les feux : Dubaï, Riyad, Koweït, les alertes se succèdent

Les monarchies pétrolières du Golfe vivent au rythme des alertes. Samedi, l’aéroport de Dubaï — le plus fréquenté au monde pour le trafic international — suspend momentanément ses opérations dans la matinée. En fin d’après-midi, les Émirats arabes unis signalent de nouvelles attaques « de drones et de missiles venant d’Iran ».

En Arabie saoudite, la défense antiaérienne détruit trois missiles balistiques se dirigeant vers la base aérienne du prince Sultan, qui abrite des militaires américains. Elle neutralise également 17 drones au-dessus du gisement de pétrole de Shaybah, dans le sud-est du royaume. Au Koweït, la compagnie pétrolière nationale annonce avoir réduit sa production de manière « préventive ». Un signal économique fort, qui dit mieux que tout discours l’impact de la guerre sur l’industrie énergétique mondiale.

En mer, la guerre frappe aussi les flux commerciaux. Les forces iraniennes affirment avoir ciblé deux pétroliers : le Prima, qui tentait de traverser le détroit d’Ormuz — fermé par Téhéran — et un autre navire battant pavillon des Îles Marshall dans le Golfe. Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 % des hydrocarbures mondiaux, reste paralysé. Les cours du pétrole continuent de s’envoler.

Les pays du Golfe réfutent catégoriquement les accusations iraniennes. Leurs territoires n’ont pas servi à mener des attaques contre l’Iran, assurent-ils — conformément à ce qu’ils avaient promis avant le déclenchement du conflit. Mais Téhéran ne les croit pas. Et continue de frapper.

Du Caucase à Chypre : la guerre déborde ses frontières

La carte des zones de guerre s’agrandit de jour en jour. L’Iran lance des drones contre l’Azerbaïdjan, allié d’Israël. L’attaque soulève la crainte d’une extension du conflit jusqu’au Caucase — une région déjà instable, désormais dans l’orbite d’une guerre qu’elle n’a pas provoquée.

Au Kurdistan irakien, les Gardiens de la Révolution iraniens affirment avoir visé des « groupes séparatistes » — des factions kurdes iraniennes en exil qui y ont établi leurs bases. Le conflit s’étend à l’Irak, déjà secoué par des attaques contre l’ambassade américaine à Bagdad.

Et jusqu’à Chypre. Une base aérienne britannique sur l’île a été frappée lundi par un drone de fabrication iranienne. La guerre atteint le sol européen — ou presque. Londres réagit en ouvrant ses propres bases aux forces américaines. Des bombardiers B-1 de l’US Air Force atterrissent sur la base RAF de Fairford, dans le sud-ouest de l’Angleterre, selon un journaliste de l’AFP. Le Royaume-Uni entre dans le conflit — discrètement, mais concrètement.

La Turquie, membre de l’OTAN, observe avec inquiétude. Elle met en garde contre toute tentative de déclencher une guerre civile en Iran en instrumentalisant les clivages ethniques ou religieux. Un avertissement qui cible implicitement Washington et Tel Aviv — et qui dit combien les alliés de l’Occident peinent à s’aligner sur une stratégie commune.

Liban : 300 morts, 300.000 déplacés, un désastre humanitaire annoncé

Au Liban, le bilan continue de s’alourdir. Depuis lundi — depuis que le Hezbollah a attaqué Israël pour « venger » la mort de l’ayatollah Khamenei et déclenché une riposte israélienne massive — les autorités libanaises recensent près de 300 morts. Quelque 300.000 personnes ont fui leurs foyers, selon le Conseil norvégien pour les réfugiés.

Le Premier ministre Nawaf Salam prononce les mots que tout le monde redoutait : un « désastre humanitaire » se profile. La banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, subit des frappes intenses. Des familles dorment à la belle étoile sur le front de mer de la capitale. Des villages du sud sont rasés les uns après les autres.

La guerre est entrée dans sa deuxième semaine. L’Iran jure de frapper « de manière intense ». Israël promet de continuer « de toute sa force ». Trump exige la capitulation. Et dans le Golfe, à Beyrouth, à Téhéran, les civils comptent leurs morts et cherchent un abri que personne ne leur garantit.

Source : AFP – 7 mars 2026

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