En effet, ayant presque échoué à imposer le blocus des hydrocarbures par des attaques contre les camions-citernes, ces terroristes s’en prennent aujourd’hui aux populations civiles de ce cercle et à leurs défenseurs que sont les Donzo (chasseurs). Et cela avec des moyens les plus lâches comme les drones kamikazes. Ainsi, entre le 11 et le 12 novembre 2025, plusieurs chasseurs ont perdu la vie au cours des affrontements contre des terroristes. Et au moins une dizaine de villages ont été incendiés. Ce qui a poussé une grande partie des habitants à fuir pour se réfugier ailleurs, notamment à Kadiolo (480 km au sud de Bamako).
L’utilisation des drones kamikazes par Jama’at Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin ou Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM/GSIM) traduit la lâcheté d’une organisation criminelle sérieusement éprouvée par les assauts meurtriers des Forces armées maliennes (FAMa). C’est aussi le seul moyen de vaincre les chasseurs qui lui ont infligé de lourdes pertes dans les premiers affrontements sur le terrain.
« Cela fait plusieurs semaines que les donzos tentent d’empêcher les terroristes d’entrer dans les villages, de s’implanter dans la zone. Et on ne peut pas dire que les premiers affrontements ont tourné en faveur des terroristes qui ne connaissent pas le terrain autant que nos chasseurs. Et c’est sans doute pour se venger qu’ils utilisent les drones kamikazes qui leur permettent d’attaquer tout en restant à l’abri des armes traditionnelles des chasseurs », nous a confié une notabilité qui refuse de céder à la panique.
L’objectif du JNIM est clair : comme dans le centre du pays, il s’agit de semer la terreur et de créer la panique pour vider les villages de leurs habitants. Ce qui n’est pas sans conséquences. Depuis des années, les populations du centre du Mali ne parviennent plus à mener leurs activités socioprofessionnelles comme l’agriculture, la pêche et l’élevage (les éleveurs y ont été dépouillés de leurs parcs). Au-delà des populations victimes, les conséquences socio-économiques se font ressentir partout dans le pays, notamment dans la capitale où elles se traduisent par le renchérissement du coût de la vie (oignon, ruminants, viande…).
Aujourd’hui, ces criminels veulent s’attaquer au Sud, le grenier céréalier du Mali, en vidant les villages de leurs habitants. Avec un microclimat, qui n’a rien à envier à de nombreuses régions ivoiriennes, Loulouni a été dotée par la nature d’immenses étendues de terre très riche et abondamment arrosée. Les habitués de la RN7 (Route Nationale N°7) vous parleront des immenses rizières à l’entrée de la ville (en venant de Zégoua). Céréales (riz, mil, maïs, fonio…), tubercules (patate douce, manioc, igname…), légumes, fruits (colas, ananas, banane, orange, mangue, citron, avocat…) y sont produits. Selon les saisons, ce sont des camions chargés qui quittent fréquemment Loulouni (surtout les jeudis, jour de la foire hebdomadaire) pour approvisionner le cercle de Kadiolo, la région de Sikasso, le reste du pays, voire le Burkina et la Côte d’Ivoire.
La zone est donc un immense et précieux grenier qu’on doit protéger à tout prix pour qu’elle ne devienne jamais un sanctuaire du terrorisme ou du grand banditisme. Jusque-ici, les chasseurs veillaient au Grin pour que la zone ne devienne pas un no man’s land. Mais, avec les armes non conventionnelles que les terroristes du JNIM utilisent contre eux, leur résistance est vouée à l’échec.
Il faut une vaste opération de répression et de ratissage, ainsi qu’une présence même temporaire des FAMa pour rassurer les populations. Nous ne doutons pas de la capacité de nos Forces de défense et de sécurité (FDS) à desserrer cet étau comme elles ont réussi à nous défaire du blocus que les obscurantistes ont voulu imposer à notre pays en créant une pénurie de carburant. Vivement donc que l’opération « Fuga Kènè » se manifeste à Loulouni et dans tout l’ex-canton du Folona !
Moussa Bolly
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