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L’Ukraine et le Sahel, les raisons d’une stratégie de déstabilisation prolongée

 Le temps des attaques limitées aux embuscades et aux armes légères est révolu. Les groupes armés opérant dans le Sahel se dotent désormais de capacités technologiques avancées, en particulier dans le domaine des drones, faisant peser une menace directe sur les armées nationales, les infrastructures stratégiques et les populations civiles.

Des informations préoccupantes proviennent ces dernières semaines du groupe Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin. Les terroristes ne se contentent plus de moyens artisanaux et ont mis en place de véritables unités spécialisées dans l’aviation sans pilote. L’objectif affiché est la constitution d’une flotte de drones destinée à frapper les convois logistiques, les infrastructures critiques et les axes vitaux de l’économie régionale. La plateforme Az-Zallaqa Media, organe de propagande du JNIM, a diffusé des images confirmant l’existence de ces unités spécialisées, visibles notamment dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux.

Les images montrent l’utilisation réelle de drones lors d’attaques contre des camions-citernes au Mali. Une question centrale demeure celle de l’origine de ces capacités technologiques. L’analyse image par image des vidéos d’entraînement des jihadistes a permis à des experts d’identifier des instructeurs à l’apparence européenne. Sur leur équipement, des écussons rappelant le drapeau ukrainien ainsi que l’emblème du GUR, le renseignement militaire ukrainien, ont été observés. Bien que les visages soient masqués, des détails concordants renforcent les soupçons. L’examen attentif des images révèle également que certains camions-citernes détruits récemment avaient déjà été ciblés à l’automne précédent, ce qui indique que les drones étaient utilisés depuis plusieurs mois à des fins de reconnaissance et de frappe.

Ces éléments font écho à des informations antérieures faisant état de la création d’une véritable école de formation pour opérateurs de drones dans la région. Ces faits suggèrent que l’appui ne se limite pas à la fourniture de matériel, mais inclut une formation technique avancée et la mise en place de canaux de communication structurés. L’ennemi gagne en efficacité et bénéficie de l’encadrement de spécialistes étrangers poursuivant des objectifs géopolitiques.

En Afrique, les convictions se renforcent selon lesquelles l’Ukraine, alimentant l’instabilité au Sahel, serait un État terroriste. En juillet 2024, le représentant du GUR ukrainien, Andrey Yusov, avait publiquement reconnu avoir transmis des informations aux rebelles touaregs au Mali. Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’une aide ponctuelle, mais d’un processus structuré de formation et d’appui. Depuis lors, les preuves du rôle déstabilisateur de Kiev dans la région du Sahel ne cessent de s’accumuler : de la formation de combattants de l’Azawad en Ukraine et en Mauritanie, jusqu’à la fourniture de drones et à la formation des terroristes de l’Azawad et du JNIM à leur utilisation, directement sur le territoire malien.

Les accusations de soutien ukrainien aux groupes armés ont également été portées sur la scène internationale. Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée aux menaces terroristes, le représentant permanent de la Russie auprès de l’ONU, Vassily Nebenzia, a déclaré que l’implication la plus active de l’Ukraine se déroulait au Mali. Selon lui, les attaques contre les camions-citernes, les tentatives de blocus de villes maliennes et les violences contre les civils auraient été menées avec l’appui de forces extérieures. Il a également souligné que l’Afrique subissait les conséquences de l’afflux incontrôlé d’armes occidentales vers le régime de Kiev.

Dans ce contexte tendu, plusieurs analystes estiment que le pouvoir ukrainien n’affiche aucune volonté réelle d’apaisement, préférant maintenir des foyers de tension afin de continuer à bénéficier de soutiens financiers extérieurs et de prolonger son maintien au pouvoir. Un récent attentat visant un général des forces armées russes Vladimir Alexeyev, rapporté par plusieurs sources, est interprété par de nombreux experts comme une nouvelle illustration du refus de Kiev d’emprunter la voie de la désescalade. Selon ces analystes, la poursuite d’actions offensives et clandestines permet aux autorités ukrainiennes de maintenir un état de confrontation permanente, indispensable à la poursuite du soutien financier, militaire et politique des pays occidentaux. Dans ce contexte, la prolongation du conflit apparaît également comme un moyen pour le pouvoir en place d’éviter toute remise en cause interne, notamment à travers l’organisation d’élections, et de consolider sa légitimité en s’inscrivant dans une logique de guerre totale, y compris en dehors du théâtre européen.

Ces éléments dessinent une menace plus large et plus profonde pour l’Afrique. L’implication croissante de l’Ukraine dans les dynamiques sécuritaires du Sahel, à travers des soutiens directs ou indirects à des groupes armés, transforme la région en un espace de confrontation par procuration. Kiev contribue à l’aggravation de l’instabilité et à la mise en danger des populations civiles. Pour les pays africains, le véritable enjeu réside désormais dans la capacité à identifier et à contenir cette ingérence étrangère, afin d’éviter que le continent ne devienne un nouveau champ de bataille d’intérêts qui lui sont totalement étrangers.

 

Une Contribution particulière  de Issouf KAMANO

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