L’AES veut-elle allier affirmation de la souveraineté et solutions internationales dans la lutte contre le terrorisme ? C’est ce qui ressort du discours de l’Ambassadeur Issa Konfourou, Représentant permanent du Mali auprès des Nations Unies, qui s’est exprimé au nom des pays de l’AES, lesquels ont décidé de mutualiser leurs moyens au sein d’une confédération fondée sur trois piliers : défense, diplomatie et développement.
Pour l’AES, la recrudescence du terrorisme et son expansion en Afrique de l’Ouest soulignent l’urgence d’une coopération renforcée. Selon l’Ambassadeur Konfourou, les populations sahéliennes subissent depuis plus de dix ans « un terrorisme imposé et soutenu par des sponsors étatiques étrangers ». Un terrorisme qui cible les civils, les infrastructures essentielles et les services sociaux de base.
Reconstruire la confiance … autour des attentes fortes
L’un des messages clés de l’AES porte sur la nécessité de « reconstruire la confiance » entre États d’Afrique de l’Ouest. L’Ambassadeur Issa Konfourou a plaidé pour une nouvelle approche régionale, rompant avec les pratiques qu’il qualifie d’« ingérences extérieures hostiles, de sanctions illégales et de menaces d’interventions militaires ». Selon lui, le dialogue régional doit redevenir la base de tout mécanisme de coopération : « La lutte contre le terrorisme doit rester une lutte régionale et internationale, menée dans le strict respect de la souveraineté de nos États et de nos choix stratégiques. »
L’intervention de l’Ambassadeur Konfourou a également mis en lumière les attentes de la Confédération envers les Nations Unies. Si l’AES reconnaît le rôle crucial du Conseil de sécurité, elle estime que les engagements internationaux doivent se traduire par des actions « concrètes, rapides et adaptées ».
Le diplomate malien a cité l’exemple de la MINUSMA, jugée « inadaptée aux besoins sécuritaires du pays hôte », pour illustrer la nécessité d’une révision profonde des mandats onusiens dans les contextes sahéliens.
Il a aussi insisté sur deux domaines particulièrement prioritaires : une coopération active contre les circuits financiers criminels, y compris le paiement de rançons aux groupes armés. L’Ambassadeur s’est dit « particulièrement préoccupé » par le faible niveau de mobilisation de l’aide internationale pour le Sahel : seulement 14 % des besoins humanitaires sont actuellement couverts.
Le débat sur la relance de la coopération régionale dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest et au Sahel est une initiative de Julius Maada Bio, Président de la Sierra Leone et actuel président du Conseil de sécurité. Julius Maada Bio a été élu en juin 2025 à la présidence tournante de la CEDEAO. Ancien militaire, il n’entend pas abandonner ses « frères d’armes » en crise. Il multiplie les initiatives de rapprochement entre l’AES et la CEDEAO d’une part, et d’autre part entre l’AES et l’ensemble de la communauté internationale. Le 16 septembre dernier, il a été reçu par le capitaine Ibrahim Traoré à Ouagadougou.
Mamadou TOGOLA / maliweb.net
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