Deux journalistes maliens, Daouda Koné, directeur régional à Douentza de la télévision publique, et son cameraman Salif Sangaré, viennent d’être libérés trois mois après avoir été enlevés. Leur enlèvement remonte au 4 octobre 2025 alors qu’ils se rendaient en mission dans le centre du Mali, sur l’axe routier reliant Sévaré à Douentza, une zone régulièrement exposée aux violences armées. Leur disparition avait été signalée par leur rédaction et suivie par plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse.
Selon des sources internes, les deux hommes ont été libérés dans la journée du lundi 29 décembre 2025 et conduits à Mopti, principal centre urbain du centre du pays. Les conditions de leur captivité et les modalités de leur libération n’ont pas été rendues publiques. Des sources proches de la rédaction indiquent que leur état de santé est jugé satisfaisant.
Au cours de leur détention, une vidéo diffusée début décembre par un groupe armé jihadiste opérant dans la région les montrait vivants. Ces images, relayées par les médias maliens et internationaux, avaient confirmé qu’ils se trouvaient toujours en captivité et attiré une attention renouvelée sur leur situation.
La situation vécue par les deux journalistes de la télévision publique s’inscrit dans une série d’enlèvements de professionnels des médias survenus ces dernières années dans le centre et le nord du Mali. En septembre 2020, le journaliste Hamadoun Nialibouly avait été enlevé alors qu’il travaillait dans la région de Mopti. En avril 2021, Moussa M’Bana Dicko, responsable dans une radio locale, avait à son tour été enlevé dans la même région. Dans les deux cas, les journalistes avaient été libérés après plusieurs jours de captivité, dans des circonstances restées confidentielles.
En 2023, une autre affaire avait marqué la profession avec l’enlèvement de Moustapha Koné et de Saleck Ag Jiddou dans le nord du Mali, à la suite d’une attaque armée visant une équipe de radio. Cet incident avait coûté la vie à un journaliste et blessé un autre, renforçant les inquiétudes liées à la sécurité des professionnels des médias dans les zones de conflit.
Depuis plus d’une décennie, les journalistes maliens exerçant hors de la capitale sont confrontés à des risques élevés liés aux déplacements, aux enlèvements et aux violences armées. Malgré ce contexte, les médias locaux continuent d’assurer la couverture de l’actualité dans des régions instables, souvent au plus près des populations.
La libération de Daouda Koné et Salif Sangaré met fin à près de trois mois de captivité et constitue un nouvel épisode dans une série d’atteintes à la sécurité des journalistes au Mali, où l’exercice du métier reste étroitement lié à l’évolution de la situation sécuritaire.
MD/Sf/APA
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