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Mali – Etats-Unis : Trump envoie un signal fort à Bamako

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du dialogue politique régulier et marque une rupture significative avec la politique de retrait observée les années précédentes.

Sous l’impulsion de l’administration du Président Donald Trump, Washington adopte désormais une approche de Realpolitik assumée et fondée sur des intérêts économiques pragmatiques et une coopération sécuritaire directe avec les États du Sahel.

Des engagements réaffirmés

Ce message diplomatique, délivré en toute transparence, repose sur le respect strict de la souveraineté du Mali et sur une volonté affirmée de collaborer avec la Confédération des États du Sahel (AES).

En septembre 2025, The Washington Post rapportait que les États-Unis avaient intensifié leur coopération en matière de renseignement avec les autorités militaires maliennes, partageant des informations utilisées dans des opérations contre des groupes extrémistes dans le nord du pays. L’audience du 2 février 2026 confirme cette orientation et traduit une volonté de relance, malgré les signaux contradictoires envoyés par Washington quelques mois plus tôt, notamment l’appel à ses ressortissants de quitter immédiatement le territoire malien.

Une audience porteuse de perspectives nouvelles

Les échanges ont porté sur la relance de la coopération bilatérale dans les domaines d’intérêt commun : lutte contre le terrorisme, promotion des échanges économiques et commerciaux, et consolidation d’un partenariat gagnant-gagnant. Le diplomate américain a réaffirmé, au nom des plus hautes autorités de son pays, le respect des États-Unis pour la souveraineté du Mali et la volonté de redynamiser les relations sur des bases nouvelles, empreintes de respect mutuel et exemptes de toute ingérence.

Flintlock : un précédent stratégique

Entre 2005 et 2011, le Mali fut considéré comme un partenaire stratégique exemplaire, notamment grâce à sa participation active aux exercices Flintlock organisés par l’Africom. Ces entraînements multinationaux avaient permis aux forces maliennes de renforcer leurs capacités en matière de contre-terrorisme et d’interopérabilité avec les forces américaines et européennes. Cette période fut également marquée par le lancement du Trans-Saharan Counterterrorism Partnership et par les investissements structurants du Millennium Challenge Corporation, notamment dans l’aéroport de Bamako et l’Office du Niger.

Exigence de cohérence

Cependant, les turbulences politiques de 2012 à 2024 et la suspension de l’aide militaire américaine ont fragilisé cette dynamique, malgré le maintien d’un soutien humanitaire constant via l’USAID. La rupture s’est accentuée en 2020 avec le départ des forces étrangères (Barkhane, Takuba, Minusma, Eufor), poussant Bamako à diversifier ses alliances, notamment avec la Russie.

Alignement du discours institutionnel et diplomatique

Le tournant décisif s’est opéré entre 2025 et 2026 avec une phase de recalibrage de la politique étrangère américaine. La reprise du dialogue politique régulier permet aujourd’hui de replacer la relance de la coopération au cœur des discussions bilatérales. Le ministre Diop a salué cette nouvelle approche, tout en insistant sur la nécessité de prendre en compte les évolutions géopolitiques récentes, particulièrement la dimension stratégique de l’AES dans l’équilibre sahélien.

La coopération se reconstruit désormais sur la base d’un partenariat gagnant-gagnant, visant à promouvoir activement les échanges économiques et commerciaux, à renforcer l’assistance antiterroriste adaptée au terrain et à encourager les investissements privés américains dans les secteurs miniers et technologiques. 

Fermeté souveraine

Dans ce contexte, le Mali rappelle avec fermeté que toute coopération doit s’inscrire dans un cadre cohérent et respectueux. Si les États-Unis souhaitent réellement un partenariat durable, cela suppose la fin des injonctions contradictoires et des mesures d’intimidation psychologique. Bamako réaffirme que sa priorité demeure la sécurisation totale de son territoire avec l’appui de ses partenaires stratégiques choisis, dont la Russie, et que toute nouvelle coopération devra impérativement s’aligner sur la vision de l’AES, sans servir de cheval de Troie à des puissances extérieures cherchant à fragiliser les institutions de la Confédération.

Respect mutuel

Le Mali et les États-Unis se retrouvent aujourd’hui dans une relation à la fois nécessaire et exigeante. Washington exprime sa volonté de revenir dans le jeu sahélien, Bamako exige des garanties de cohérence et de respect. Entre promesses et suspicions, cette relation illustre les défis d’une diplomatie en recomposition. Mais si les clarifications attendues sont apportées, elle pourrait ouvrir la voie à une coopération crédible et durable, au service de la stabilité du Sahel et du respect des aspirations souveraines du Mali.

 

L’Aube / La Rédaction

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