Il ressort de ce rapport qu’un montant total de 24 milliards 624 millions de FCFA d’aide de l’État a été alloué aux partis politiques sur la période allant de 2000 à 2019.
Malgré le climat de tension entre la classe politique et les autorités de la transition, consécutif à la décision de dissolution des partis politiques ainsi que des associations et mouvements à caractère politique, la Section des comptes de la Cour suprême a rendu public son rapport d’audit portant sur le financement public accordé aux partis au cours des vingt dernières années. Selon les conclusions du rapport, plus de 24,6 milliards de FCFA ont été distribués aux partis politiques durant la période comprise entre 2000 et 2019.
Toutefois, la juridiction financière relève un manque de transparence dans l’utilisation des ressources publiques allouées par l’État aux formations politiques. Au total, 295 partis politiques sont répertoriés par le ministère chargé de l’Administration territoriale. Parmi eux, seuls 144 ont déposé, au moins une fois, leurs comptes de gestion auprès de la Section des comptes de la Cour suprême. Les ressources cumulées déclarées par ces 144 partis s’élèvent à 42 milliards 142 millions de FCFA. L’audit révèle également que certains partis ont bénéficié de financements publics sans avoir déposé leurs comptes, en violation des dispositions en vigueur. Cette contribution de l’Etat constitue la principale source de revenus de partis politiques qui, selon le rapport d’audit, peinent à mobiliser les cotisations internes pour financer les activités politiques.
Le rapport souligne par ailleurs que la participation régulière aux élections demeure l’apanage de quelques grandes formations politiques historiques. Il a aussi été constaté que plus de 100 partis politiques créés entre 2018 et 2023 n’ont jamais pris part à un processus électoral. La Section des comptes indique également avoir rencontré des difficultés de collaboration avec les responsables de certains partis politiques au cours de l’audit. Ces derniers ont invoqué leur dissolution par les autorités de la transition pour justifier leur refus de coopérer.
Face à ces constats, la Section des comptes recommande, dans le cadre de l’élaboration de la nouvelle charte des partis politiques, l’ouverture de discussions avec l’ensemble des parties prenantes afin de définir les conditions d’octroi des financements publics, leur montant et leur justification. Elle préconise également la mise en place d’un audit systématique des fonds de campagne électorale des partis politiques. Moins d’un an après la dissolution des partis politiques, le processus de l’adoption d’une nouvelle charte des partis peine à prendre forme. Au même moment, les partis politiques sont engagés dans un bras de fer juridique devant la même Cour suprême contre le gouvernement.
Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net
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