Mali / question de droit : l’exploitation sexuelle commerciale des mineurs, un phénomène préoccupant en forte progression.
Cette forme de criminalité est souvent orchestrée par des réseaux structurés, composés d’hommes et de femmes attirés par le profit facile. Elle recouvre plusieurs pratiques graves, notamment la prostitution des mineurs, le tourisme sexuel et la production ou la diffusion de contenus pornographiques impliquant des enfants.
Les victimes voient leurs droits fondamentaux systématiquement bafoués : droit à l’éducation, à la santé, à une enfance protégée et digne. En plus de la rupture scolaire et de la stigmatisation sociale, ces enfants sont exposés à de lourdes conséquences, telles que les violences physiques et psychologiques, les traumatismes durables et les infections sexuellement transmissibles.
Des études spécialisées confirment l’ampleur du phénomène. Selon une enquête menée par ECPAT qui est un réseau international d’organisations œuvrant à la prévention, à la dénonciation et à l’élimination de l’exploitation sexuelle commerciale des enfants.
Près de 28 % des enfants interrogés dans certaines zones, notamment sur des sites d’orpaillage, auraient été victimes d’exploitation sexuelle, incluant la prostitution, la traite à des fins sexuelles et le tourisme sexuel. De son côté, l’UNICEF souligne la persistance de cas d’exploitation sexuelle et d’utilisation d’enfants à des fins commerciales, en particulier dans les zones de conflit et les grands centres urbains comme Bamako, même si les données disponibles restent partielles et variables selon les régions.
Sur le plan juridique, le Mali a renforcé son arsenal législatif. Une réforme adoptée en 2021 a introduit dans le Code pénal des dispositions plus strictes relatives aux crimes et délits sexuels commis sur des mineurs, en précisant les infractions telles que le viol et l’agression sexuelle sur mineur, tout en alourdissant les sanctions prévues.
En définitive, l’exploitation sexuelle des mineurs au Mali constitue une réalité avérée et documentée. Malgré l’existence de lois nationales et de conventions internationales, le phénomène demeure alarmant.
Cette situation met en évidence l’urgence de renforcer la prévention, la répression effective des réseaux criminels et, surtout, la protection et la prise en charge des enfants victimes.
Mohamed Abdéramane SOGODOGO
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