
C’est du moins ce qu’il y a lieu de dire après une prise de médicaments de la rue par un citoyen qui est devenu presque sourd. Alex a perdu l’usage de son ouïe.
Alex. E. n’entend presque plus. Il faut crier trop fort et faire des signes pour qu’il cerne ce qu’on lui dit. La quarantaine bien révolue, Alex paie le prix d’une prescription des « docta » au quartier Bepanda Casmando.
Dans le récit des faits « par une nuit de pluie, Alex fait la température. Il grelotte et fait appel à sa femme qui visionne. Cette dernière tâte le front de son mari et constate que la température est forte. Elle va tenter de procéder par petites méthodes pour faire baisser la température, rien n’y fait. C’est alors qu’elle décide d’aller chez le « docta » du quartier. Qui lui donne une composition », raconte dame Alex.
Bourdonnements des deux oreilles
Alors, « il m’a dit que les trois comprimés sont en prise unique et tout allait bien se passer. Et nous avons dormi cette nuit tranquillement. Le matin je suis repartie, Il a ajouté une autre dose. Tout semblait aller très bien », raconte-t-elle.
Seulement, trois semaines après, « mon mari a commencé à se plaindre des bourdonnements des deux oreilles. Ensuite il se plaignait des maux de tête. Nous sommes allés faire une consultation à l’hôpital. On a fait tous les examens demandés par les médecins et on a rien trouvé. Mais plus les jours passaient, plus la situation se détériorait.
« Un mois après, il n’entendait pas avec son oreille gauche. Et le mois suivant, c’est l’oreille droite. Nous sommes repartis à l’hôpital sans suite favorable. Maintenant il faut crier en faisant des signes pour qu’il comprenne ce que vous dites. Et cela dure 6 mois. Donc il vit seulement avec… », un récit rempli de désespoir carrément.
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Toxicité du médicament
Des cas comme ceux-là on peut en compter plusieurs dans nos villes et villages. Pour les médecins, cela peut s’expliquer. D’abord : « Un médicament, c’est une molécule qui est fabriquée. Qui est homologué et qui permet de guérir certaines maladies. Donc, le médicament, en lui-même, doit avoir ce qu’on appelle un effet thérapeutique. »
« C’est-à-dire la guérison de la maladie correspondante au médicament à la dose efficace. Qui a été déterminée après des essais cliniques. Maintenant, à côté de l’effet thérapeutique du médicament, il y a ce qu’on appelle l’effet secondaire. Ou bien l’effet indésirable, ou bien la toxicité du médicament ».
Et « Ces effets-là sont définis par le fait que le médicament à dose thérapeutique entraîne des manifestations. Au niveau de l’organisme qui sont nocives. Et il y a des manifestations connues qui sont déjà prévues pour certains médicaments ».
« Parce qu’ils ont été testés et on a remarqué qu’à côté de leurs effets thérapeutiques, ça entraîne des effets indésirables. Par exemple, les effets indésirables les plus connus, c’est la nausée. Le vomissement, la fatigue », indique le Dr Rachel Tayou qui va plus loin encore.
On devient sourd
En la suivant, on retient que : « On peut aussi avoir même les maux de tête, les douleurs. La diarrhée, et puis les malaises ou même les éruptions cutanées qu’on appelle rage cutanée. La somnolence, ce qui veut dire que l’effet indésirable du médicament peut attaquer n’importe quel système dans l’organisme ».
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Et « maintenant, ce qu’on sait les médicaments qui sont consommés à tort et à travers. Ou bien les médicaments de la rue. Et il y a des médicaments qui n’ont même pas d’effet thérapeutique. Ils n’ont que des effets indésirables parce que le médicament a été mal fabriqué. Ou bien il a été mal dosé ».
Donc, « quand le malade prend ça, au lieu d’avoir les bienfaits du médicament. Il n’a que tous les effets toxiques du médicament. Et souvent, ces effets toxiques sont exagérés. Par exemple, si on utilise mal la quinine, on peut avoir ce qu’on appelle une auto toxicité. Si on veut traiter le paludisme et qu’on prend la quinine à des doses exagérées. On pourra avoir ce qu’on appelle une auto-toxicité, c’est-à-dire qu’on perd l’entendement. On n’arrive plus à entendre, on devient sourd. Et ça peut être une toxicité tellement sévère qu’on est vraiment sourd », nous explique le médecin.
Une épidermolyse
Ainsi donc, « Il y a des médicaments qui peuvent entraîner ce qu’on appelle le syndrome de l’ailleurs, c’est-à-dire que toutes les muqueuses, de la bouche jusqu’à l’anus, en passant par le tube digestif, créent des plaies. »
« Des plaies, vraiment. La peau aussi, il y a ce qu’on appelle une épidermolyse. C’est-à-dire qu’il y a des cloques qui apparaissent au niveau de la peau. Comme si on a été brûlé avec de l’huile rouge chauffée. Donc c’est extrêmement grave. »
« Ce genre de patient peut même être admis en soins intensifs chez les grands brûlés. Donc c’est la raison pour laquelle on demande de faire très attention aux médicaments de la rue. Il faut d’abord être sûr qu’on n’est pas allergique à un médicament.
Il faut être très vigilant
Et « si on prend le médicament, il faut que ce soit sous la couverture d’un spécialiste. D’un médecin qui connaît les doses à administrer, la fréquence d’administration. Et la durée du traitement. Et surtout, il faut vérifier quand on a son médicament, la date de péremption. Le nom du laboratoire et les excipients », décrit le Dr Tayou.
Et la grande leçon à retenir : « Parce qu’un médicament peut avoir son effet thérapeutique et l’excipient. Ce qui a été mélangé aux médicaments pour stabiliser la molécule du médicament entraîne des effets indésirables qui sont nocifs. Donc vraiment, il faut être très vigilant quand on veut prendre les médicaments. Surtout les médicaments de la rue qui n’ont aucun circuit pharmaceutique. Aucun circuit de contrôle sur le plan national », la prescription est faite.

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