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Mort d’Anicet Ekane Cameroun ► enquête sous tension

Un décès, trop de silences, et une enquête qui divise. Le 1ᵉʳ décembre 2025, Georges Anicet Ekane est mort en détention à Yaoundé, au centre médical de la Gendarmerie nationale. Depuis, les interrogations s’accumulent. La famille parle de « manque total de transparence », les autorités promettent des investigations, tandis que les ONG internationales s’en mêlent. « On veut juste la vérité », souffle une proche, la voix tremblante. Entre procédure contestée, bras de fer judiciaire et tensions diplomatiques, que sait-on réellement de l’enquête sur la mort d’Anicet Ekane au Cameroun ?

Mort d’Anicet Ekane : une enquête officielle très contestée

Interpellé le 24 octobre 2025 à Douala, dans le contexte tendu des violences postélectorales, Anicet Ekane avait été placé en détention au Secrétariat d’État à la Défense (SED), malgré une insuffisance respiratoire sévère connue de ses proches. Sa mort, survenue cinq semaines plus tard, a immédiatement provoqué une onde de choc politique.

Face à la polémique, le gouvernement a annoncé l’ouverture d’une enquête. La communication officielle est d’abord assurée par le capitaine de vaisseau Cyrille Serge Atonfack Guemo, puis par le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi. Dans la foulée, le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire de Yaoundé, Cerlin Belinga, ordonne une autopsie pour déterminer les causes exactes du décès.

Mais très vite, la famille Ekane rejette la procédure.

Autopsie rejetée, gendarmerie contestée

Prévue initialement le 2 décembre, l’autopsie est dénoncée par les proches du défunt. Dans une vidéo devenue virale, Mariane Simon-Ekane, sœur de l’opposant, redoute des « manipulations » et réclame des médecins légistes indépendants. Malgré ces protestations, l’examen est finalement réalisé le 3 décembre 2025. À ce jour, aucun résultat officiel n’a été rendu public. Ce silence alimente la suspicion. Ce n’est pas clair, et les gens parlent.

Le 24 décembre, la Gendarmerie nationale convoque plusieurs membres de la famille, dont la veuve Jeanne Edwige Sogue. Une convocation refusée. Par la voix de Me Hippolyte Meli Tiakouang, les ayants droit exigent le dessaisissement pur et simple de la gendarmerie, estimant qu’elle ne peut enquêter sur un décès survenu dans un site placé sous sa responsabilité. Ils réclament une commission indépendante.

Parallèlement, un autre bras de fer s’engage : la restitution du corps, toujours conservé à la morgue de l’Hôpital central de Yaoundé, sous contrôle militaire. La famille affirme être prête à organiser les obsèques et à assumer tous les frais. Pourquoi ce blocage ?

Une affaire qui dépasse les frontières

La mort d’Anicet Ekane a rapidement pris une dimension internationale. Human Rights Watch, Amnesty International et l’ACAT ont appelé à des enquêtes indépendantes. Le 6 décembre, un collectif d’intellectuels camerounais saisit la délégation de l’Union européenne à Yaoundé, demandant des sanctions ciblées contre plusieurs responsables, dont Ferdinand Ngoh Ngoh et Paul Atanga Nji.

L’UE, prudente, n’a pas encore officiellement réagi. Mais son communiqué du 1ᵉʳ décembre, évoquant un « vide dans le débat public camerounais » et appelant à la libération des détenus arbitraires, a provoqué une réaction sèche de Yaoundé. René Emmanuel Sadi a dénoncé une « ingérence inadmissible ». L’affaire Ekane devient ainsi un test majeur pour l’État de droit au Cameroun.

Silence des résultats, méfiance de la famille, pression internationale : l’enquête sur la mort d’Anicet Ekane reste entourée de zones d’ombre. Le Cameroun acceptera-t-il une commission indépendante pour rétablir la confiance et apaiser les esprits ?

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