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Mouangue Kobila absent 6 mois

Six mois sans se présenter à la barre. James Mouangue Kobila, président de la Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC), est poursuivi pour harcèlement sexuel par son ancienne collaboratrice Judith Nkouete devant le tribunal de Yaoundé. Lors de l’audience du 3 février 2026, il était encore absent. Le renvoi au 30 avril fait bondir la plaignante, qui crie à la manœuvre dilatoire. Un président des droits de l’homme peut-il continuer à fuir la justice de son propre pays ?

Un accusé aux abonnés absents, une victime à bout de nerfs

Depuis décembre 2025, James Mouangue Kobila ne s’est plus présenté à une seule audience. À chaque fois, ses avocats brandissent le même argument : leurs client est retenu par ses obligations officielles à la tête de la CDHC. Une excuse que la partie civile, Judith Nkouete, rejette avec force. Pour elle et ses conseils, il s’agit d’une stratégie d’usure savamment orchestrée, destinée à épuiser la plaignante et à enterrer provisoirement le dossier.

Et ce n’est pas tout. Depuis le début de l’année 2025, Mouangue Kobila aurait posé plus de 200 questions à la barre lors des différentes audiences, soumettant Judith Nkouete à un véritable interrogatoire en règle. Excédée, la plaignante a finalement décidé, lors de l’audience du 31 juillet 2025, de ne plus répondre à ses questions directes. Une décision forte, posée par une femme qui refuse de se laisser broyer par la procédure.

Un homme de pouvoir sous pression judiciaire et politique

Ce procès dépasse le seul cadre judiciaire. James Mouangue Kobila est également candidat à la présidence du Réseau des institutions nationales africaines des droits de l’homme (RINADH), dont il est aujourd’hui vice-président. Ses détracteurs estiment qu’il cherche à gagner du temps, au moins jusqu’à l’obtention de ce nouveau poste continental.

L’affaire est scrutée au sommet de l’État. Judith Nkouete a sollicité l’appui du président Paul Biya, de son épouse Chantal Biya et du Premier ministre Joseph Dion Ngute. Une démarche qui illustre à quel point la plaignante se retrouve seule face à un homme disposant de ressources institutionnelles et relationnelles considérables.

Car pendant que Judith Nkouete attend justice depuis le début de l’année 2024, son accusé, lui, dirige une institution censée protéger les droits fondamentaux des Camerounais. L’ironie est cruelle. Un homme chargé de défendre les droits humains doit lui-même répondre de ses actes devant la justice — et il refuse de le faire.

Ce type de comportement ne devrait pas être toléré. La société camerounaise mérite que les personnes en position de pouvoir soient soumises aux mêmes règles que tous les citoyens. Chaque jour d’absence à la barre est un nouveau affront fait à Judith Nkouete et à toutes les femmes victimes de harcèlement sexuel au Cameroun.

Crédito: Link de origem

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