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Pas d’eau dans 83 % des établissements de santé : les sages-femmes du Mali interpellent la ministre de la Santé

Au Mali, 83 % des établissements de santé ne disposent pas d’une eau de qualité conforme aux normes de l’Organisation mondiale de la santé pour les soins. Par ailleurs, 57 % des structures de santé (CSCom, CSRéf et hôpitaux) ne disposent pas de douches destinées aux femmes ayant accouché, une situation encore plus critique dans les zones rurales. De plus, 31 % des établissements ne disposent pas de toilettes séparées pour les hommes et les femmes.

« Ces insuffisances ont des conséquences directes sur la santé maternelle et néonatale », a indiqué Mme Yalcouyé Awa Guindo, présidente de l’Association des sages-femmes du Mali. Elles favorisent ainsi l’augmentation des infections associées aux soins, en particulier les infections du post-partum. Elles rendent également les conditions de travail des sages-femmes plus difficiles et plus risquées, tout en contribuant à une perte de confiance des femmes envers les structures de santé.

« L’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement (EHA) dans les maternités n’est ni un luxe ni une option, mais une condition minimale pour garantir des accouchements sûrs et respectueux de la dignité des femmes », a rappelé la présidente de l’Association des sages-femmes du Mali lors de la lecture de la note de plaidoyer au ministère.

Les sages-femmes du Mali appellent la ministre à : faire de l’EHA dans les maternités une priorité nationale dans les politiques de santé maternelle et néonatale ; allouer des financements spécifiques et durables pour la mise en œuvre du paquet minimum EHA dans toutes les maternités ; renforcer les capacités techniques des sages-femmes en matière de prévention et de contrôle des infections.

Un problème de santé publique

« L’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement dans les établissements de santé demeure un problème majeur de santé publique », a reconnu le conseiller technique, Hamadoun Dicko, représentant de la ministre de la Santé et du Développement social lors de la réception de la note de plaidoyer. Aux dires d’Hamadoun Dicko, le département est conscient des défis que représente l’accès à l’EHA dans les établissements de santé.

Face à ces défis, le représentant de la ministre informe que des « engagements concrets » sont pris et que des « mesures structurantes » sont mises en œuvre, notamment : l’amélioration de la couverture sanitaire du territoire par la construction et la réhabilitation de structures de santé publiques ; le renforcement du Programme national de santé maternelle et néonatale afin d’assurer une prise en charge efficace des femmes enceintes ; le déploiement progressif d’équipements modernes pour renforcer la prise en charge des accouchements compliqués.

Louant les « efforts inlassables » de l’Association des sages-femmes du Mali, Hamadoun Dicko estime que la vision du département de la Santé est claire : « aucune femme ne doit mourir en donnant la vie. Aucun enfant ne doit perdre la chance d’un départ sain dans la vie ».

Mamadou TOGOLA

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