53,66 %. C’est le score officialisé qui a reconduit Paul Biya à la tête du Cameroun pour un huitième mandat, un résultat immédiatement suivi d’une réaction diplomatique majeure. Ce mercredi 19 novembre 2025, le vice-président de Guinée équatoriale, Teodoro Nguema Obiang Mangue, a atterri à Yaoundé pour une audience expresse au Palais d’Etoudi. « Nous sommes très contents pour sa brillante élection », a-t-il déclaré, sous le regard attentif des caméras de la CRTV. Une visite qui porte un message clair : soutien, stabilité et coopération renforcée. Mais derrière les félicitations officielles, quels enjeux sous-régionaux se dessinent réellement ?
🔵 Obiang Mangue apporte un message personnel au président Biya
Le vice-président équato-guinéen n’a pas fait le déplacement pour une simple courtoisie. Dès son arrivée au palais, Teodoro Nguema Obiang Mangue a remis au chef de l’État camerounais une lettre de félicitations signée de la main du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.
À sa sortie d’audience, il déclare :
« Je suis venu remettre une lettre de félicitations de son frère le président Obiang au président du Cameroun, surtout dire que nous sommes très contents pour sa brillante élection. »
Un message direct, sans ambiguïté, qui confirme le soutien ferme de Malabo à Yaoundé à un moment où les projecteurs internationaux scrutent l’évolution politique du Cameroun.
🔵 Première visite d’État depuis la réélection : un signal très fort
Depuis la proclamation des résultats de la présidentielle du 12 octobre 2025, aucun chef d’État étranger n’avait encore été reçu à Etoudi. Le choix du vice-président équato-guinéen comme premier visiteur officiel n’est donc pas anodin.
Un analyste politique rencontré à Yaoundé confie :
« Cette visite n’est pas juste protocolaire. Elle sert à montrer que le Cameroun reste un pilier diplomatique dans la CEMAC. »
Dans les salons politiques, certains y voient même un geste de légitimation internationale, alors que plusieurs partenaires attendent la reprise du dialogue bilatéral après l’élection.
🔵 Au-delà des félicitations : une coopération stratégique réaffirmée
La visite d’Obiang Mangue portait également un message institutionnel très clair : la Guinée équatoriale veut renforcer son partenariat avec le Cameroun.
Selon le vice-président :
« Notre pays est prêt à renforcer la coopération dans différents domaines. »
Les secteurs concernés sont nombreux :
✔️ sécurité maritime dans le Golfe de Guinée,
✔️ projets énergétiques entre Malabo et Yaoundé,
✔️ gestion des frontières,
✔️ échanges économiques,
✔️ infrastructures transfrontalières,
✔️ lutte contre l’immigration clandestine.
Ces dossiers sensibles étaient déjà en cours mais avaient été ralentis pendant la période électorale. L’audience d’Etoudi relance les discussions.
🔵 Pourquoi Malabo mise autant sur Yaoundé ?
Le Cameroun reste un partenaire géostratégique incontournable pour la Guinée équatoriale :
- les deux pays partagent plus de 180 km de frontières terrestres et maritimes,
- plusieurs couloirs commerciaux dépendent de leur entente,
- la stabilité du Cameroun garantit l’équilibre du Golfe de Guinée,
- la CEMAC repose en grande partie sur l’axe Yaoundé–Malabo.
Un diplomate résume l’enjeu :
« Quand le Cameroun bouge, la sous-région tremble. Quand il se stabilise, tout le monde respire. »
Cette visite tient donc autant du protocole que d’une stratégie régionale mûrement réfléchie.
🔵 Un contexte politique scruté par les partenaires internationaux
Avec une réélection à 53,66 %, Paul Biya a obtenu un nouveau mandat, mais le pays traverse encore une phase d’observation politique. Plusieurs États attendaient de connaître la suite des événements avant de manifester un soutien explicite.
Un membre du corps diplomatique à l’ambassade d’un pays européen confie discrètement :
« La première visite officielle donne toujours l’orientation diplomatique d’un mandat. Que ce soit la Guinée équatoriale le premier pays, ce n’est pas rien. »
Cette séquence renforce l’image d’un Cameroun en voie de consolidation politique.
🔵 Les réactions à Yaoundé : entre surprise et satisfaction
Dans les rues de la capitale, la visite a suscité des commentaires contrastés, mais globalement positifs.
Un conducteur de taxi autour d’Etoudi lance :
« Si Obiang en personne envoie son fils, ça veut dire que les choses vont se calmer. »
Une commerçante du marché Mfoundi ajoute :
« C’est bien pour le Cameroun, les voisins nous soutiennent au moins. »
Cette réception officielle, largement relayée sur les réseaux sociaux, semble avoir rassuré une partie de la population face aux tensions post-électorales.
🔵 Des enjeux économiques lourds en coulisses
Malabo et Yaoundé travaillent depuis plusieurs années sur des projets structurants :
- réhabilitation du corridor Kye-Ossi – Ebebiyín,
- modernisation des postes frontaliers,
- interconnexion électrique et énergétique,
- coopération pétrolière et gazière.
La Guinée équatoriale souhaite accélérer l’ouverture de nouveaux marchés sous-régionaux, tandis que le Cameroun ambitionne d’élargir son influence économique dans le Golfe de Guinée.
La visite du 19 novembre pourrait donc relancer plusieurs chantiers en sommeil.
🔵 Obiang Mangue, un messager stratégique pour son père
Dans la hiérarchie politique équato-guinéenne, Teodoro Nguema Obiang Mangue n’est pas qu’un vice-président : il est le dauphin officiel du régime et le principal relais diplomatique du pouvoir.
Sa venue rapide à Yaoundé signifie deux choses :
- une volonté claire de consolider l’axe Malabo–Yaoundé,
- une reconnaissance directe de la réélection de Paul Biya.
Pour certains observateurs, cette démarche vise aussi à préparer les futures recompositions géopolitiques dans la région.
La visite de Teodoro Nguema Obiang Mangue marque un tournant symbolique dans l’après-élection camerounais. En transmettant personnellement les félicitations du président Obiang, le vice-président équato-guinéen rappelle la solidité d’un partenariat historique, fondé sur la proximité politique, stratégique et économique. Cette rencontre, première du nouveau mandat, envoie au monde un message clair : Yaoundé reste un acteur majeur dont les décisions résonnent dans toute la sous-région. Cette dynamique diplomatique va-t-elle attirer d’autres visites de haut niveau dans les semaines à venir ?
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