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pourquoi Firmin Fotsing Bouler n’est pas roi

L’annonce de la désignation de Firmin Fotsing Bouler comme nouveau chef de Bakassa, dans le groupement Bansoa (région de l’Ouest), a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Certains messages, parfois emphatiques, ont évoqué l’avènement d’un nouveau « roi », alimentant une perception largement erronée de la réalité. Or, à Bakassa, il n’existe pas de chefferie traditionnelle au sens bamiléké du terme, mais un quartier rattaché à la chefferie supérieure de Bansoa.

Cette précision est essentielle pour comprendre la portée réelle de cette succession intervenue après le décès de Joseph Tenekam, survenu le 12 octobre 2025.

Bakassa : un quartier, pas une chefferie traditionnelle

Contrairement à ce que laissent entendre certaines publications, Bakassa n’est pas une chefferie autonome. Il s’agit d’un quartier ou entité administrative locale, dont l’autorité est exercée par un chef de 3ᵉ degré, conformément à l’organisation administrative camerounaise. Dans ce cadre, le chef de quartier est avant tout un relais de l’administration, chargé de missions civiles : médiation sociale, transmission des informations administratives, encadrement de proximité.

À Bakassa, il n’existe ni palais royal, ni forêt sacrée, ni institutions rituelles propres, éléments pourtant fondamentaux dans une véritable chefferie bamiléké. Le cœur du pouvoir traditionnel demeure à Bansoa, seule chefferie reconnue comme telle dans cette aire culturelle. Lorsqu’un habitant de Bakassa souhaite accomplir un acte traditionnel majeur ou solliciter une autorité coutumière, il s’adresse au chef Bansoa, et non au chef Bakassa.

L’absence du La’akam, un élément déterminant

Dans la tradition bamiléké, le La’akam constitue un passage rituel incontournable pour toute intronisation royale. Ce rituel consacre le lien sacré entre le chef, les ancêtres et la communauté. Aucun roi bamiléké ne peut être reconnu sans avoir accompli le La’akam.

Or, à Bakassa, aucun La’akam n’existe et aucun La’akam n’est prévu. Cette absence n’est pas accidentelle : elle confirme que Bakassa ne relève pas d’une structure royale traditionnelle. Par conséquent, Firmin Fotsing Bouler ne peut être assimilé à un roi, ni sur le plan rituel, ni sur le plan coutumier.

Une succession administrative et une notabilité héritée

Ce que Firmin Fotsing Bouler hérite réellement de son père, Joseph Tenekam, c’est avant tout une fonction administrative locale et, au maximum, un titre de notabilité reconnu au sein de la chefferie de Bansoa pour remplacer son père. Son rôle s’inscrit dans la continuité d’un leadership de proximité, exercé au niveau du quartier, sans prérogatives royales ni obligations rituelles.

La réaction de son épouse, la députée Nourane Foster, évoquant un « règne », a contribué à amplifier la confusion. Mais dans les faits, le terme relève davantage du registre symbolique ou affectif que d’une réalité institutionnelle bamiléké.

Clarifier pour respecter la tradition

Reconnaître Firmin Fotsing Bouler comme chef de quartier ne diminue en rien son rôle ni son importance locale. Au contraire, cette clarification permet de respecter la hiérarchie traditionnelle bamiléké, d’éviter les amalgames et de préserver la crédibilité des institutions coutumières.

Confondre chefferie administrative et royauté traditionnelle, c’est brouiller des repères historiques profondément ancrés dans la culture de l’Ouest Cameroun.

Firmin Fotsing Bouler n’est ni un roi bamiléké ni un chef traditionnel au sens strict. Il est chef du quartier Bakassa, relais administratif, héritier d’une notabilité locale, dans une zone où la seule autorité traditionnelle demeure la chefferie de Bansoa. La clarification était nécessaire.

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