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pourquoi le projet Camtel inquiète

Le retard est déjà un signal d’alarme. Après plus de deux ans d’attente, Camtel officialise enfin Blue Money, son entrée tardive sur le marché du mobile money au Cameroun. L’annonce, faite à Yaoundé ce janvier 2026, suscite plus de scepticisme que d’enthousiasme. « Ils arrivent quand tout est déjà verrouillé », lâche un analyste du secteur. Face à des géants solidement installés, ce projet public a-t-il la moindre chance de survie ?

Blue Money, un projet condamné avant même son lancement

Avec Blue Money, Camtel prétend bousculer un écosystème dominé depuis des années par MTN, Orange et les fintechs locales. Mais les faits sont têtus. Arriver après 2023, dans un marché déjà saturé, relève davantage de l’improvisation que de la stratégie.
Dotée d’un capital initial de 500 millions FCFA, la nouvelle structure paraît dérisoire face aux investissements colossaux consentis par ses concurrents. Pire, Camtel traîne une image d’entreprise lourde, bureaucratique, souvent critiquée pour la qualité inégale de ses services. Miser sur le backbone national ne suffit plus : le mobile money repose sur la confiance, la fluidité et surtout un réseau d’agents dense, que Blue Money ne possède pas.
Selon les chiffres de la BEAC, le Cameroun concentre plus de 63 % des transactions mobiles de la CEMAC, un marché déjà verrouillé par des habitudes solides. Espérer y grignoter des parts sans innovation majeure, ni avantage tarifaire clair, relève du mirage. Blue Money arrive trop tard, trop faible et sans différenciation crédible.

Blue Money ressemble moins à une révolution qu’à un rattrapage mal calculé. Dans un marché ultra-mature, Camtel risque surtout un échec coûteux. L’État doit-il persister dans ce pari ou reconnaître une erreur stratégique ?

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