C’est un tournant inédit dans l’histoire de la justice camerounaise : pour la première fois, une femme devient procureure générale près la Cour suprême. Par un décret signé le 20 novembre 2025, Paul Biya a nommé Marie Claire Dieudonnée Nseng Elang, magistrate hors hiérarchie et figure respectée du corps judiciaire. Sa nomination intervient seulement quelques semaines après l’investiture du chef de l’État, qui avait promis de placer les femmes et les jeunes au cœur de son nouveau mandat.
« C’est une avancée qu’on attendait depuis longtemps », glisse une magistrate rencontrée à Yaoundé.
Cette décision pourra-t-elle réellement transformer la gouvernance judiciaire ?
Une première femme à la tête du parquet général
Marie Claire Dieudonnée Nseng Elang succède au regretté Luc Ndjodo, décédé le 1ᵉʳ août 2025.
Jusqu’ici directrice des Affaires générales au ministère de la Justice, elle était déjà l’une des voix influentes du système judiciaire.
Son parcours impressionne par sa régularité :
– Substitut du procureur à Yaoundé en 1988,
– Poste similaire à Mbalmayo en 1994,
– Contrôleur à l’Inspection des services judiciaires dès 2001,
– Inspecteur général en 2012,
– Directrice des Affaires générales en 2020.
Diplômée de l’ENAM, elle y a également siégé en tant qu’administratrice.
Son style est décrit comme rigoureux, discret et ferme — « elle connaît le terrain, elle connaît les textes, elle ne plaisante pas avec l’éthique », confie un magistrat du Centre.
Une nomination qui matérialise les promesses du septennat
Cette promotion intervient moins de deux semaines après le discours d’investiture de Paul Biya, le 6 novembre 2025, devant l’Assemblée nationale.
Le président avait annoncé un engagement clair : renforcer la présence des femmes aux hautes responsabilités et soutenir les métiers d’avenir pour les jeunes filles.
Selon un cadre du ministère de la Justice :
« On sent qu’il y a une volonté d’aligner les actes sur le discours. Cette nomination n’est pas symbolique, elle est stratégique. »
Le procureur général près la Cour suprême joue un rôle clé :
– supervision de la politique pénale nationale,
– contrôle des décisions judiciaires,
– coordination des procureurs généraux régionaux,
– traitement des contentieux relevant de la Cour suprême, y compris disciplinaires et administratifs.
Son arrivée intervient dans un contexte où les attentes citoyennes en matière de transparence, d’indépendance et de rapidité judiciaire sont très fortes.
L’accession de Marie Claire Dieudonnée Nseng Elang au sommet du parquet général marque un moment historique pour la justice camerounaise.
Cette nomination, saluée dans de nombreux milieux juridiques, lance des signaux forts sur la place des femmes dans les hautes institutions de l’État.
Reste à savoir : cette impulsion suffira-t-elle à transformer durablement la justice et à répondre aux attentes des citoyens ?
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