Les Maliens démontrent aisément leur capacité à supporter les difficultés liées à la crise dimensionnelle que le pays traverse depuis plusieurs années.
En effet, ils sont très nombreux les Maliens convaincus que le bout du tunnel du processus du renouveau national profile à l’horizon. Car, une écrasante majorité du peuple s’est conscientisée qu’il faut nécessairement consentir des sacrifices, pour un meilleur avenir. Celui-ci ne doit pas être lointain.
C’est dans cette optique que les uns et les autres acceptent perdre certains conforts pour un lendemain prometteur.
A titre d’exemple, les difficultés liées aux délestages électriques, à la pénurie du carburant, à la cherté de la vie sont considérées comme des passages obligés, qui doivent permettre aux autorités de refonder la gouvernance dans l’intérêt des populations.
En clair, la vox populi reconnaît que le pays « ne fera pas d’omelette sans casser les œufs » ! Et de nombreux citoyens lambda affirment à souhait que les autorités sont en train de déployer d’énormes efforts pour concrétiser la souveraineté retrouver et en faire tirer les dividendes au peuple. « Comment peut-on oser rompre avec le système de domination et d’exploitation néocoloniale occidentale sans en payer le prix ? », interroge un analyste bamakois. Et de relever que la rupture diplomatique avec la France, les réformes dans le secteur minier, le projet souverainiste et fédérateur de l’AES, avec en ligne de mire la création d’une monnaie autonome, suscitent forcément des manœuvres de représailles ou de rétorsion. Celles-ci impactent négativement sur le quotidien des populations, avec par exemple la fermeture de certaines ONG, l’arrêt de l’aide française au développement, bref, la suspension de l’aide budgétaire extérieure, etc. Ce qui constitue un manque à gagner non-négligeable sur les entrées financières de l’Etat. Et la conséquence est un certain marasme économique…
Mais, ces difficultés auxquelles se sont résignées les Maliens, doivent constituer un véritable « pacte social de stabilité ». Il s’agit d’une trêve socio-économique permettant aux autorités de faire des efforts décisifs dans la gouvernance. Car, si par exemple les travailleurs, comme le soulignait récemment le Secrétaire général de l’UNTM, se refusent à exprimer des revendications pécuniaires, cela doit être mis à profit des actions d’envergures.
C’est pourquoi il est aussi nécessaire que les gouvernants démontrent clairement un très modeste train de vie. Ne faut-il pas revisiter certaines dotations budgétaires, pour tenir compte du contexte d’austérité actuel ? Rien n’est moins sûr. Car, un peuple résigné à des sacrifices existentiels, s’offusquerait de tout exhibitionnisme budgétivore.
Il urge que les hauts dirigeants agissent concrètement sur le quotidien des populations par des actes à incidence socio-économiques évidente. Par exemple, à quel rythme avancent les chantiers de production d’énergie solaire ? Quid de l’aide alimentaire, dont le blé venant de la Russie ? Cette dernière promesse ne devrait-elle pas faire baisser le prix du pain ? Quid des efforts de subventions en faveur des denrées de première nécessité, en cet avant-veille du mois sacrée du Ramadan ? Voilà des actions à mener, pour soulager, tant soit peu, les efforts de patriotiquement résilient. Car, même pour un peuple, ventre affamé n’a point d’oreilles.
Boubou SIDIBE/maliweb.net
Crédito: Link de origem
