Retour vers la Lune : Artémis 2 lance quatre astronautes

Trans Afrique

Le retour vers la Lune est en marche. Mercredi, la Nasa a lancé depuis la Floride les quatre astronautes de la mission Artémis 2, pour un voyage en orbite lunaire de dix jours. Une première depuis la fin des missions Apollo, il y a plus d’un demi-siècle.

Retour vers la Lune : un départ historique depuis la Floride

La fusée Space Launch System (SLS) a décollé à l’heure fixée, mercredi à 18h35 heure locale (22h35 GMT), depuis le centre spatial Kennedy en Floride. Quatre astronautes ont pris place à bord de la capsule Orion : le commandant américain Reid Wiseman, la première femme à s’approcher de la Lune Christina Koch, le premier Américain noir à réaliser ce voyage Victor Glover, et le Canadien Jeremy Hansen, premier non-Américain de l’histoire à prendre part à une mission lunaire habitée.

La capsule s’est détachée comme prévu huit minutes après le décollage du premier étage propulseur. Orion s’est ensuite placée en orbite terrestre, où l’équipage évolue depuis à environ 27 000 km/h.

Le pas de lancement utilisé est le même que celui des missions Apollo, entre 1968 et 1972. Ce détail compte dans l’histoire de la conquête spatiale : il marque la continuité d’une ambition américaine suspendue depuis plus d’un demi-siècle. Au centre spatial Kennedy, la foule présente pour le lancement a accueilli l’ascension de la fusée, sous un ciel dégagé, avec des ovations et des cris de joie.

Depuis la capsule, peu après le décollage, Reid Wiseman a lancé : « Nous voyons un beau lever de Lune. » Son équipier Jeremy Hansen avait pour sa part déclaré dix minutes avant l’allumage des moteurs : « Nous partons pour l’humanité tout entière. »

La mission se déroule selon le calendrier prévu

Depuis leur décollage, les quatre membres de l’équipage ont passé plus de 14 heures en orbite terrestre. De nombreuses vérifications techniques ont été effectuées à bord d’Orion. La mission suit son programme.

Vers 12h00 GMT, une première manœuvre technique a été réalisée avec succès : un « apogee raise burn », une poussée d’une minute destinée à éloigner davantage la capsule de la Terre. Cette étape constituait une préparation directe au moment décisif du voyage, attendu jeudi vers 23h30 GMT : l’allumage des moteurs qui engagera définitivement Artémis 2 en trajectoire vers la Lune.

Ce basculement est un point de non-retour. Une fois la route lunaire prise, l’équipage ne pourra rentrer sur Terre qu’après avoir effectué son passage autour de la Lune, prévu lundi. Le trajet complet représente six à huit jours supplémentaires de vol.

Victor Glover a également pris les commandes d’Orion pour simuler un amarrage avec un autre appareil. Cette manœuvre s’est déroulée parfaitement. Elle constitue l’un des tests opérationnels inscrits au programme de la mission.

Quelques imprévus ont toutefois occupé le centre de contrôle de la Nasa à Houston dans les premières heures. La communication avec les astronautes a brièvement été interrompue. Les toilettes de la capsule n’ont pas fonctionné immédiatement. La température à bord d’Orion est apparue légèrement en dessous des prévisions. Ces incidents n’ont pas perturbé le déroulement global de la mission.

Un programme coûteux, sous tension budgétaire et institutionnelle

Artémis 2 est d’abord une mission de qualification. Elle doit confirmer que la fusée SLS, haute de 98 mètres et non réutilisable, est en mesure d’acheminer des astronautes en orbite lunaire dans des conditions opérationnelles réelles. L’objectif final est un alunissage sur la surface de la Lune, visé pour 2028.

Le programme Artémis a coûté des dizaines de milliards de dollars. Il a pris des années de retard sur son calendrier initial. La Nasa traverse une période difficile : des difficultés budgétaires et des départs massifs de personnels, en particulier parmi les chercheurs spécialisés dans le climat, ont pesé sur l’agence.

« La Nasa a vraiment besoin que cela marche », a déclaré Casey Dreier, analyste pour The Planetary Society, à l’AFP.

Jared Isaacman, administrateur de la Nasa nommé par Donald Trump, a replacé l’événement dans son contexte historique lors d’une conférence de presse tenue après le lancement. « Après une brève interruption de 54 ans, la Nasa reprend sa mission d’envoyer des astronautes vers la Lune », a-t-il déclaré. Il a également défini la position de cette mission dans la séquence à venir : « Artémis 2 est le premier acte, c’est la mission test, elle va préparer le terrain pour les missions suivantes. »

Un équipage inédit dans l’histoire des vols lunaires habités

La composition de l’équipage marque une rupture nette avec l’histoire. Artémis 2 est la première mission lunaire habitée à inclure une femme, un homme noir et un non-Américain parmi ses membres. Les astronautes des missions Apollo, entre 1968 et 1972, étaient exclusivement des hommes américains blancs.

Artémis avait été conçu dès l’origine pour incarner un esprit nouveau de collaboration internationale et d’inclusion. L’équipage de ce vol concrétise cette ambition déclarée. IL’équipage a décollé depuis le même pas de lancement que les pionniers d’Apollo.

Ce lieu porte toute l’histoire de la conquête spatiale américaine. Il incarne aussi la rupture avec cette histoire : un équipage plus divers, une ambition renouvelée.

Les Européens ont participé au programme. L’Agence spatiale européenne (ESA) a fabriqué le module de service qui propulse la capsule Orion. Des astronautes européens devaient prendre part à de futures missions, y compris un alunissage sur la Lune.

Mais la Nasa a récemment révisé en profondeur la suite du programme Artémis, en annulant notamment le projet de station en orbite lunaire. L’agence n’a pas précisé si les Européens conserveraient leur place dans les missions à venir.

Josef Aschbacher, directeur général de l’ESA, avait fait le déplacement au centre Kennedy pour assister au lancement. Il a confirmé à l’AFP qu’il devra « s’asseoir avec l’administrateur, Jared Isaacman, et la Nasa, pour négocier » les places réservées aux astronautes européens.

Le retour vers la Lune en 2028 reste une question ouverte

L’objectif affiché du programme est un alunissage avant la fin du mandat de Donald Trump, en 2028. Mais cet horizon suscite des doutes parmi les experts.

Les astronautes d’Artémis 3 auront besoin d’un véhicule d’alunissage pour poser le pied sur le sol lunaire. Cet alunisseur est toujours en cours de développement. Deux sociétés privées travaillent sur leur propre version : SpaceX, l’entreprise du milliardaire Elon Musk, et Blue Origin, celle de Jeff Bezos.

Lundi prochain, l’équipage d’Artémis 2 devrait battre le record de distance par rapport à la Terre. Aucun équipage humain ne s’est jamais autant éloigné de notre planète. Ce jalon symbolique marquerait une étape forte pour le vol. Il confirmerait aussi, concrètement, la faisabilité d’un retour habité vers la Lune.

Plusieurs conditions détermineront la suite du programme. La mission test doit d’abord réussir dans sa totalité. Les alunisseurs de SpaceX et Blue Origin doivent avancer selon le calendrier prévu.

La Nasa doit aussi résoudre ses contraintes budgétaires. Enfin, les négociations avec les partenaires européens restent à mener.La date de 2028 reste un cap affiché, pas encore une certitude.

Source : Agence France-Presse

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