Plus de 17 points critiques ont été recensés en une seule journée sur la route Mbalmayo-Sangmélima, l’un des axes les plus sollicités du Centre. Face à cette dégradation éclair, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, est descendu sur le terrain le 15 novembre pour un contrôle inopiné, déclenchant une série d’instructions fermes. « Ce corridor ne doit plus jamais tomber dans cet état », a-t-il martelé devant Arab Contractors, entreprise en charge du lot 1. Les travaux s’accélèrent désormais, mais une question brûle les lèvres : la mobilisation suffira-t-elle à sauver définitivement cet axe stratégique ?
Sur le terrain : travaux d’urgence et avertissement public
En moins de 24 heures, Arab Contractors a été sommée d’activer tous ses engins. Nids de poule rebouchés, débroussaillage, rechargement de chaussée, curage des caniveaux : les premières réparations se sont enchaînées sur les 39,5 km du tronçon approché.
Sur place, un ingénieur témoigne :
« On pousse nos équipes au maximum, le ministre ne veut aucune excuse. Dès qu’il arrive, tout doit déjà tourner. »
La pression est réelle. Le Mintp a exigé :
- la remise en service des machines lourdes,
- la mise en place d’un dispositif d’entretien quotidien,
- un rapport journalier détaillé des avancées.
Un patching truck venu du PK 0+000, capable de combler en continu les nids de poule, a été déployé pour accélérer les interventions.
Arab Contractors face à la “preuve par la vitesse”
Un axe stratégique en souffrance
La route Mbalmayo-Sangmélima est essentielle :
- trafic commercial intense,
- pluies récentes particulièrement destructrices,
- risques accrus pour les transporteurs et voyageurs.
Les opérations recensées ces derniers jours montrent une montée en cadence :
- 190 m² de déflachage,
- 411 m³ de purges,
- 2 315 m³ de grave 0/31.5,
- 830 m² d’enrobé bitumineux,
- 21,5 km de recyclage déjà accomplis.
L’objectif est clair : stabiliser immédiatement l’axe avant les travaux lourds du lot 2, prévu pour reprendre définitivement la continuité routière.
Communautés locales et jeunes mobilisés : l’autre enjeu invisible
Le Mintp veut intégrer une composante sociale. Des jeunes volontaires, via l’approche HIMO, seront mobilisés pour les tâches légères :
- nettoyage,
- entretien,
- signalisation manuelle,
- travaux d’appoint.
Une stratégie destinée à :
- réduire le chômage saisonnier,
- impliquer les riverains,
- éviter les actes de vandalisme ou les occupations anarchiques du chantier.
Un notable de la zone confie :
« Quand les jeunes participent, ils deviennent protecteurs du travail. Sinon, chacun fait comme il veut. »
La volonté du ministère est donc de stabiliser la route, mais aussi de restaurer la confiance locale.
Entre pression politique, urgence sécuritaire et impératifs techniques, Arab Contractors n’a plus droit à l’erreur. Le gouvernement veut une route praticable, rapide et durable. Mais une question demeure : cet élan sera-t-il suffisant pour empêcher la route Mbalmayo-Sangmélima de replonger dans la dégradation chronique ?
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