Il dit n’êtes pas totalement en phase avec le dicton qui circule sur toutes les lèvres : « An ka segui koréma ». Non, « Notre avenir n’est pas derrière nous ».
Le Musée national du Mali a accueilli une conférence animée par le Dr Samuel Sidibé, parrain du mois de novembre dans le cadre de l’Année de la Culture. Le thème choisi, « Patrimoine et créativité : le rôle des musées », a rassemblé de nombreux acteurs culturels, artistes et chercheurs autour d’une réflexion essentielle : comment faire dialoguer le patrimoine et la création contemporaine ?
La rencontre, tenue le samedi 13 novembre 2025 au Musée, a été présidée par le chef de cabinet du ministère de la Culture, a mis en lumière le parcours exceptionnel d’un homme, Samuel Sidibé qui a consacré trente ans de sa vie à la tête du Musée national du Mali, œuvrant sans relâche à la valorisation du patrimoine culturel du pays.
D’entrée de jeu, Dr Sidibé a rappelé une conviction forte : le patrimoine ne saurait exister sans la créativité. Pour lui, chaque génération doit non seulement préserver l’héritage reçu, mais aussi y apporter sa propre contribution.
« Le patrimoine, c’est la création d’une génération. La vraie question est : qu’ajoutons-nous, nous, à cet héritage ? », a-t-il dit.
Dans une époque marquée par les réseaux sociaux et la mondialisation des références culturelles, M. Sidibé estime que le patrimoine devient une source d’inspiration féconde pour la création contemporaine. L’homme invite à le percevoir non comme un vestige du passé, mais comme un levier pour construire l’avenir.
Le musée, espace de dialogue et de création
Pour le Dr Sidibé, le musée doit sortir de son rôle traditionnel de simple conservateur d’objets anciens pour devenir un espace de dialogue entre le passé, le présent et le futur.
« Le musée ne doit pas être un lieu figé. Il doit vivre, s’ouvrir, dialoguer avec les artistes, les artisans, les musiciens, les plasticiens, les galeristes… bref, avec tous les créateurs », a poursuivit Samuel.
Il dira être pour une dynamisation des institutions muséales, afin qu’elles deviennent de véritables carrefours culturels, capables d’inspirer et de soutenir la création contemporaine ».
Au-delà du cadre muséal, Dr Sidibé a insisté sur la nécessité de placer la créativité au cœur des politiques culturelles. Selon lui, « un pays qui ne crée pas se condamne à reproduire indéfiniment le passé ».
« Il est temps que la question de la créativité soit mise au centre de nos politiques culturelles. Si nous ne créons pas, si nous ne produisons pas, cela devient catastrophique ».
Le parrain du mois a également dénoncé la tendance de certains artisans à se limiter à la copie des formes anciennes, alors que d’autres nations, en Afrique et ailleurs, innovent et exportent leurs créations.
« Nous devons aller vers la créativité, mais à partir de nos patrimoines. C’est là que se trouve notre véritable richesse »,
C’est sur une note d’espoir que Samuel Sidibé a invité les autorités et les créateurs à repenser le rapport au passé et à l’avenir. « Notre avenir n’est pas derrière nous (an ka ségui koroléma), non, il est devant nous. Il faut créer, et encore créer ».
En enfin, il a exhorté le ministère en charge de la Culture à « élaborer une véritable politique nationale de la création, capable de soutenir les artistes et de positionner le Mali comme un pôle d’innovation culturelle en Afrique ».
Il faut noter que la conférence, riche en échanges a mis en lumière un message clair : le patrimoine n’est pas un musée du passé, mais une matière vivante, en perpétuelle réinvention.
Samuel veut qu’on redonne à la créativité sa place au cœur de la politique culturelle.
A.S.
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