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Sonamines Cameroun ► scandale latent sur l’or

En 2016, le Cameroun promettait un tournant historique dans la gestion de ses ressources minières. Neuf ans plus tard, le secteur de l’or reste miné par des soupçons, des moyens dérisoires et des luttes d’influence. Avec la création de la Société nationale des mines (Sonamines), Yaoundé affichait une volonté claire : reprendre le contrôle d’un secteur stratégique. Mais derrière les textes, la réalité est brutale. « Les déclarations ne sont ni sincères ni complètes », reconnaît un ministre. Le Cameroun a-t-il réellement les moyens de sa politique minière ?

Réforme minière au Cameroun : une reprise en main inachevée

La réforme du code minier, adoptée fin 2016 puis renforcée en 2021 avec la création de la Sonamines, devait marquer une rupture. L’État camerounais s’est octroyé un rôle central dans la gestion, le contrôle et la commercialisation exclusive de l’or. Sur le papier, le dispositif est clair : traçabilité, fiscalité renforcée, fin de l’anarchie dans l’exploitation artisanale.

Mais sur le terrain, le constat est moins reluisant. Lors d’une récente sortie officielle à Yaoundé, le ministre des Mines, Fuh Calistus Gentry, a admis les limites du système actuel. Selon lui, la Sonamines prélève l’impôt minier « sur la base de déclarations généralement non sincères ». Ce n’est pas du jeu ! Sans outils de contrôle modernes, difficile d’évaluer la production réelle, encore moins de sécuriser les recettes de l’État.

Sonamines : un pouvoir stratégique, mais sans moyens réels

Le chiffre choque : 9,5 milliards de FCFA de budget annuel. Sur cette enveloppe, 5 milliards seulement sont destinés à la commercialisation de l’or. Une goutte d’eau face à l’étendue des missions confiées à la Sonamines : structuration de la filière, exploration, traçabilité, rachat de la production et contrôle à distance des sites.

« Cette cagnotte est largement insuffisante », confie un cadre de l’entreprise publique. Résultat : la Sonamines reste dépendante des opérateurs privés qu’elle est censée encadrer. Une situation paradoxale, qui alimente les soupçons de pouvoir volontairement limité.

Or camerounais : l’ombre persistante d’un scandale politique

Le secteur aurifère camerounais attise depuis longtemps les appétits. Une enquête publiée en août a mis en lumière plusieurs figures influentes gravitant autour de l’or : anciens ministres, proches du pouvoir, membres de grandes familles politiques. Dans ce contexte, chaque tentative de réforme se heurte à des résistances silencieuses mais efficaces.

Face à cela, Fuh Calistus Gentry a préconisé des mesures fortes : fermeture des sites artisanaux non conformes, renforcement des moyens financiers et technologiques de la Sonamines, contrôle de la production par des outils modernes. Des annonces applaudies, mais encore attendues sur le terrain.

Entre ambitions affichées et réalités bloquées, la Sonamines symbolise le malaise du secteur minier camerounais. Sans moyens réels ni volonté politique ferme, l’or du Cameroun continuera-t-il d’échapper à l’État au profit de réseaux opaques ?

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