Non à la violation de la liberté syndicale”, “Trop c’est trop”, “Antorola”, “Le Mali d’abord”… Voilà des slogans qu’on pouvait lire sur des pancartes tenues par des agents de la Sonatam devant la direction générale pour protester, selon eux, contre la violation de la liberté syndicale.
Pour le secrétaire général du comité syndical de la Sonatam, Oumar Sylla, ce sit-in était plus que nécessaire pour défendre l’amélioration des conditions de travail de leurs camarades et surtout la liberté syndicale. “Cela fait plus de 10 ans que nos camarades de la direction technique travaillent les samedis et dimanches sans bénéficier d’heures supplémentaires sur leurs salaires. Les équipes montent de 7 h à 19 h et de 19 h et 7 h sans le moindre kopeck et la direction reste inflexible par rapport à nos demandes, ce qui nous pousse à nous demander si la direction se soucie du bien-être de son personnel”, s’insurge M. Sylla.
Autre point évoqué, c’est l’entrave à la liberté syndicale au sein de la boite. “Quand le Vérificateur général est passé ici, il a décelé un manque à gagner de 6 milliards F CFA en tant que syndicat et délégué du personnel, nous avons tenu à rencontrer le conseil d’administration après la publication de ce rapport, ce que la direction a catégoriquement refusé. Nous avons prévu une assemblée générale, la direction a dit niet. Paradoxalement, elle a publié une note régulant désormais nos assemblées générales. Un cadre de la direction technique est sur le point d’être licencié par la même direction. D’ailleurs, plusieurs personnes ont été licenciées ces derniers temps par la direction qui est dans la logique de soit tu es avec moi soit tu es contre moi, ce qui est regrettable dans une administration”, ajoute le secrétaire général du comité syndical.
Il précise que lui-même est menacé de licenciement car convoqué cette semaine à la direction régionale du travail. “Quand on veut abattre son chien, on l’accuse de rage. Pour nous, la direction veut simplement abattre le syndicat. Car pour rappel, après la publication du rapport du Végal, le syndicat a été approché par la direction qui a sollicité notre soutien.
Au retour, nous avons répondu que le bureau du Végal est une structure indépendante et que nous sommes derrière la manifestation de la vérité sans être contre ou avec une personne dans cette affaire. Depuis lors, le syndicat est devenu une cible à détruire pour la direction”, révèle Oumar Sylla. Et d’inviter l’Etat à s’intéresser à la préservation de cette société qui fête ses 60 ans cette année.
Kassoum Théra
A propos du site du comité syndical de la SONATAM :
La part de vérité de la direction
Après le sit-in organisé par le comité syndical de la Sonatam devant le siège de la société, la direction de la Sonatam est sortie de sa réserve le mardi 25 novembre pour donner sa part de vérité.
e source proche de la direction générale, il ressort que c’est une procédure de licenciement qui a été lancée contre le secrétaire général du comité syndical de la Sonatam, Oumar Sylla, pour des pratiques portant préjudice à la structure. Selon nos informations, il n’y a pas de différend avec le comité syndical mais plutôt avec son premier responsable qui fait l’objet de procédure de licenciement pour des raisons extra syndicales.
“La direction informe l’ensemble du personnel qu’un attroupement non autorisé à l’initiative d’Oumar Sylla s’est tenu hier (lundi) 24 novembre 2025, à l’entrée du siège. A la suite des vérifications effectuées, il apparaît que cette mobilisation visait à présenter la procédure de licenciement engagée contre M. Sylla comme une action dirigée contre ses activités syndicales.
La direction tient à préciser qu’il ne s’agit nullement d’un différend avec le syndicat, mais d’une procédure liée à des faits graves et établis. En effet, un audit interne a révélé que M. Sylla s’est livré à une pratique de vente dissimulée d’eau minérale au détriment de la Sonatam. Il a utilisé, sans autorisation, les documents légaux d’un fournisseur, vendu les marchandises à des prix supérieurs à ceux du marché et encaissé directement les paiements destinés à ce fournisseur sur ses propres comptes. Ces faits sont documentés et reposent sur des preuves concrètes et irréfutables”, mentionne notre source. Ces agissements, selon la note de la direction, sont contraires au règlement intérieur, au code de conduite et aux dispositions du Code pénal, ont conduit la direction à engager une procédure de licenciement à l’encontre de M. Sylla. Ainsi, la direction a saisi cette occasion pour inviter l’ensemble des travailleurs à ne pas se laisser influencer par des tentatives de perturbation. «Il s’agit d’une mesure disciplinaire visant à sanctionner des comportements incompatibles avec les valeurs et les responsabilités d’un salarié de la Sonatam.
Dans l’attente de la résolution de cette situation, la direction appelle chacun à rester concentré sur ses activités professionnelles et à maintenir un climat de travail serein» a-t-il précisé.
La Rédaction
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