Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a répondu mardi devant les députés aux questions d’actualité au gouvernement, s’exprimant notamment sur la mort d’un étudiant lors de troubles à l’Université et le projet de loi portant sur l’homosexualité.
Mort d’un étudiant à l’Université : entre condoléances et mise en garde
Interpellé sur le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu lors d’incidents sur le campus, Ousmane Sonko a d’abord présenté ses condoléances à la famille avant de livrer sa version des faits.
« Des jours avant la commission des faits, nous avons reçu des bulletins de renseignement nous mettant au courant de ce qui se tramait », a-t-il déclaré, précisant avoir personnellement instruit le ministre de l’Intérieur de prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir des actes de vandalisme, dont l’incendie annoncé de la bibliothèque et des restaurants universitaires.
Le chef du gouvernement a néanmoins reconnu des « manquements » dans l’intervention des forces de défense et de sécurité, citant « un usage disproportionné de la force », des actes de maltraitance sur des étudiants désarmés et des destructions de biens. Il a toutefois appelé à ne pas « jeter l’opprobre sur la police et la gendarmerie ».
Une enquête a été ouverte immédiatement après le décès et « sera menée jusqu’à son terme », a-t-il assuré, renvoyant dos à dos l’ancien régime, accusé d’avoir eu recours à des « nervis » pour gérer les crises estudiantines, et les auteurs de violences sur le campus.
Sonko a par ailleurs annoncé l’installation prochaine d’un commissariat au sein du campus, qu’il considère être « un quartier comme un autre », et évoqué la délocalisation possible de certains amphithéâtres pour améliorer les conditions d’études.
« Nous n’accepterons pas la violence sous quelque forme que ce soit », a-t-il prévenu, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement à poursuivre le dialogue avec les étudiants.
Homosexualité : un projet de loi pour durcir les sanctions
Sur la question de l’homosexualité, Ousmane Sonko a annoncé avoir saisi le président de l’Assemblée nationale pour lui transmettre un projet de loi qu’il porte lui-même. Sans aller jusqu’à la criminalisation, le texte vise à durcir les dispositions déjà prévues à l’article 319 du Code pénal sénégalais, qui réprime actuellement les actes contre nature.
« Nous ne donnerons pas de prétexte aux contempteurs d’aller nous dénigrer auprès des occidentaux », a-t-il justifié, tout en précisant que d’autres dispositions légales permettent déjà de traiter les cas de transmission volontaire de maladie, indépendamment de l’orientation sexuelle des personnes concernées.
Le Premier ministre a profité de cette tribune pour dénoncer avec vigueur les fuites d’informations judiciaires sensibles dans l’espace public, notamment la divulgation de bulletins de santé et de statuts sérologiques de personnes impliquées dans des affaires en cours. « Le secret de l’instruction n’existe plus. Tous les procès-verbaux sont dans la rue. C’est des familles qui sont en train d’être détruites à travers cette stigmatisation », a-t-il déploré.
Pointant du doigt ceux qui se font, selon lui, les « censeurs de la République » en s’emparant publiquement de ces dossiers, Sonko a rappelé que leur gestion relevait d’une « prérogative régalienne ». Il a conclu en appelant les Sénégalais à « faire bloc derrière leurs dirigeants qu’ils ont eux-mêmes choisis ».
AC/APA
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