Le pagne du 8 mars est devenu inaccessible pour beaucoup de Camerounaises. À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, la rupture de stock annoncée par la CICAM a ouvert la porte à une spéculation éhontée sur le marché : certains vendeurs proposent le pagne jusqu’à 22 000 FCFA, soit le double du prix normal. Face à ce scandale, une voix s’est levée avec force et courage : celle de Boutchueng Sophie Estelle. Mais jusqu’à quand les Camerounaises devront-elles subir cette injustice chaque année ?
Quand la spéculation vole la fête aux femmes
C’est une indignation sincère et assumée que Boutchueng Sophie Estelle, Secrétaire Générale de la POWA (Policemen’s Wives Association), a exprimée publiquement ces derniers jours. Alors qu’elle avait mandaté son assistante pour acheter les pagnes officiels du 8 mars 2026, la réponse reçue a été aussi simple que choquante : rupture de stock à la boutique CICAM. Et dans la foulée, des vendeurs opportunistes ont immédiatement saisi l’occasion pour imposer leurs propres tarifs, sans foi ni loi.
« J’ai envoyé mon assistante hier pour acheter les pagnes du 8 mars, mais face à la rupture de stock signalée par la boutique CICAM, certains vendeurs ont proposé le pagne à des prix excessifs, atteignant 22 000 FCFA, soit le double du prix habituel. Je tiens à dénoncer fermement cette pratique et encourager les acteurs du marché à adopter des comportements plus responsables », a déclaré Boutchueng Sophie Estelle.
Une prise de parole courageuse, qui tranche avec le silence habituel des responsables face à ces dérives annuelles. Car le problème n’est pas nouveau. Chaque année, à l’approche du 8 mars, le même scénario se répète sur les marchés camerounais : pénurie organisée, spéculation débridée, et femmes ordinaires contraintes de payer le double ou de faire sans.
La CICAM pointée du doigt : une responsabilité impossible à esquiver
Boutchueng Sophie Estelle ne s’est pas contentée de dénoncer les vendeurs véreux. Elle a également interpellé directement la CICAM, entreprise publique chargée de produire et distribuer les pagnes officiels au Cameroun. Selon elle, la responsabilité de cette crise incombe en grande partie à la politique de distribution de l’entreprise elle-même.
Elle insiste : la CICAM ne doit pas vendre l’intégralité de sa production à quelques gros commerçants, au point de ne plus disposer de stock dans sa propre boutique. Garantir la disponibilité du pagne pour toutes les Camerounaises, à prix accessible, doit être une priorité nationale — surtout pour une journée aussi symbolique que le 8 mars.
Cette position, portée par une femme de terrain qui connaît les réalités du quotidien camerounais, mérite d’être entendue aux plus hauts niveaux. Car derrière la flambée du pagne, c’est la dignité de millions de femmes qui est en jeu.
Sophie Estelle, une femme de terrain au service des plus vulnérables
Ce qui rend la voix de Boutchueng Sophie Estelle particulièrement puissante dans ce débat, c’est l’authenticité de son engagement social. Bien connue dans les milieux associatifs camerounais, elle est de celles qui ne parlent pas depuis un bureau climatisé, mais depuis le terrain.
À travers la POWA, association présidée par Philomène Mbarga Nguele, elle œuvre au quotidien pour la solidarité entre épouses de policiers, la scolarisation des orphelins de la Sûreté nationale et la formation socioprofessionnelle des membres. Mais son engagement ne s’arrête pas là.
Boutchueng Sophie Estelle est également très impliquée dans l’aide aux enfants de la rue et aux orphelinats à travers tout le Cameroun. Elle les autonomise, les accompagne, leur redonne confiance et dignité. Ce visage généreux et humain est connu de beaucoup — et c’est précisément parce qu’elle se bat chaque jour pour les plus vulnérables qu’elle ne supporte pas de voir les femmes de son pays lésées dans leurs droits les plus élémentaires, même pour un pagne de fête.
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